À Beit Imrin, en Cisjordanie Occupée, le 5 mai 2026. La voiture du Palestinien qui a tué le colon Yehuda Sherman, 18 ans, est tombé dans le ravin, ce qui privilégie la thèse de l’accident. Un enfant de la famille palestinienne sur le lieu de l’accident.
La mort d’un Israélien fin mars a entraîné des représailles dans une dizaine de villages palestiniens. Enquête sur ces deux jours de violences qui disent comment les fermes illégales sont devenues l’instrument principal de la colonisation.
Les rides courent sur son visage aux yeux clairs. Mais les profonds sillons de la vie et des souffrances n’atténuent pas la douceur de son regard. Fatmeh Ali, 73 ans, a attrapé une chaise en plastique pour s’asseoir devant sa maison. « Voilà, c’est tout ce qui nous reste, dit la grand-mère palestinienne. Le pas de nos portes. »
La ferme familiale se trouve à l’extrémité de Qaryout en Cisjordanie occupée, entre Naplouse et Ramallah. Un village de 3000 habitants comme il en existe des dizaines dans ce coin de la Palestine, à flanc de coteau, avec une épicerie, un café. Des paysans cultivent des oliviers, d’autres élèvent des chèvres ou des moutons.
Fatmeh Ali vit ici depuis cinquante ans. Elle y a fait grandir ses neuf filles et fils. Certains d’entre eux ont construit leur maison juste à côté, où leurs propres enfants ont grandi. Jihad, l’un des garçons de Fatmeh, s’installe à côté de sa mère. Leurs mains se lèvent ensemble, pointent dans différentes directions, se mettent à compter les avant-postes sauvages installés par des colons israéliens : « Il y en a un ici, un autre là, un troisième par-là… Attends… Là-bas aussi, ça fait quatre. Celui-là, ça fait cinq. L’autre là, six. Et le septième, là-bas. »
Autour du village, sur la terre de Palestine, des colons messianiques ont établi sept avant-postes, de simples préfabriqués ou des bungalows, arrivés par camions. En toute illégalité, même au regard du droit de l’État hébreu.
Les avant-postes des colons israéliens. (Crédits : LTD / Louise Alain)