OPINION. Les noces Berbera, vers un nouveau rapport de forces dans l'Orient compliqué
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Fin décembre, Israël reconnait, en tant que premier pays, le Somaliland comme un État souverain
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Fin décembre, Israël reconnait, en tant que premier pays, le Somaliland comme un État souverain
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« Au Moyen-Orient, le risque sécuritaire posé par l’Iran constitue le principal défi stratégique pour la France et les Européens. » Telle est, résumée en une phrase, la « vision » proposée par la Revue nationale stratégique (RNS) 2025, complétée par les affirmations suivantes (n°127) : « L’absence de règlement politique des différentes crises dans la région, et en particulier du conflit israélo-palestinien, renforce ce risque. Les attaques houthies nuisent directement à la liberté de navigation, à nos intérêts et à ceux de nos partenaires. » Fermez le ban. Suivent trois petites lignes sur l’instabilité au Levant et la menace djihadiste. La RNS expédie cette région du monde en six lignes. Pour un document d’une centaine de pages, c’est un peu peu. Faut-il comprendre que la France s’en désintéresse ? Ou qu’elle n’en comprend plus rien ?
Difficile de voguer aujourd’hui « vers l’orient compliqué avec des idées simples » ! La géographie elle-même de la région n’a rien d’évident. D’après sa dénomination occidentale, ce serait un espace intermédiaire entre le Proche et l’Extrême Orient. En réalité, la zone est plus restreinte : centrée sur la péninsule arabique, elle recoupe l’aire civilisationnelle arabo-musulmane sans s’y assimiler, car le Maghreb n’en fait pas partie, alors que plusieurs États-nations non arabes en sont partie prenantes, et non des moindres : outre l’Iran mentionné dans la RNS, Israël, la Turquie, voire les différents pays de la Corne de l’Afrique.
La géographie économique paraît en revanche assez simple : zone primordiale d’extraction d’hydrocarbures, elle irrigue essentiellement les régions voisines du nord-ouest (Europe) et du nord-est (Chine, Japon, Corée) via des « routes du pétrole » (et du gaz) qui constituent un réseau d’intérêt stratégique de premier plan pour les pays clients. La seule nouveauté de ces dernières années est la perte du client nord-américain qui se traduit par un désengagement stratégique relatif de la part de l’Oncle Sam.
Quant à l’Histoire, inutile de rappeler qu’elle est précisément née dans cette région, plus précisément en Mésopotamie, au cœur du « croissant fertile » qui borde au nord le grand désert central. Creuset des premiers grands empires, l’histoire des peuples de la région est forcément compliquée. Il est donc quelque peu vain de prétendre en résumer les enjeux actuels en quelques phrases. Contentons-nous d’essayer d’en discerner les principales lignes de fracture, les développements les plus récents et d’en dégager les enjeux majeurs pour nous, Français et Européens.
La région du Moyen-Orient est traversée de multiples clivages : ethnolinguistiques (arabes et non-arabes), religieux (musulmans et non-musulmans ; chiites et sunnites ; wahhabisme, hanafisme et hanbalisme), politiques (nationalisme, islamisme, progressisme), économiques (riches pétromonarchies et pays parmi les moins avancés), diplomatiques (en paix ou non avec Israël), etc. Analyser l’évolution de la région au prisme d’un problème unique (l’Iran) relève d’une vision simpliste et paresseuse, et finalement biaisée, qui condamne le lecteur à ne rien comprendre aux développements en cours.
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Prenons l’exemple des événements qui ont marqué la région le mois dernier. En gardant le nez sur l’écran, on assiste à une énième révolte de rue en Iran, à de nouveaux bombardements saoudiens au Yémen, à un déchirement supplémentaire en Somalie. Si on levait un peu le nez, on pourrait questionner le degré de fragilité intérieure du régime des Mollahs ; on constaterait que les bombardements au Yémen ne visent plus les populations civiles réputées soutenir les rebelles houthi (eux-mêmes soutenus par l'Iran) mais sont désormais internes au camp pro-gouvernemental ; surtout, on s’interrogerait sur la présence d’un nouvel acteur en Somalie : Israël.
Et avec davantage de recul, on finirait par deviner les prémisses d’une évolution stratégique majeure. En octroyant à l’entité séparatiste autonome du Somaliland une reconnaissance diplomatique pleine et entière, l’État d’Israël jette un pavé dans la mare des relations internationales. Une analyse superficielle se contenterait de déclarer qu’en agissant ainsi, Israël s’enferme dans son statut d’État paria affectant le plus grand mépris pour le droit international, ce qu’il prouve depuis près de 60 ans. Ce constat passe à côté de l’essentiel : pourquoi maintenant ?
Le Somaliland présente depuis 35 ans toutes les caractéristiques d’un État ; il ne lui manquait plus que la reconnaissance internationale. C’est à présent chose faite, car Israël intervient en précurseur : d’autres vont suivre, et non des moindres, à commencer par les Émirats Arabes Unis (EAU), l’Éthiopie, voire les Etats-Unis. L’étoile à cinq branches du drapeau de la Somalie ne représente rien d’autre qu’une idéologie irrédentiste prétendant réunir dans un même État toute la diversité clanique des populations ayant un dialecte somali en commun. Cette idéologie, forgée de toute pièce au lendemain des indépendances respectives des Somalies italienne (Mogadiscio) et britannique (Hargeisa), supposait le consentement des grandes puissances voisines du nord et de l’ouest, la France gaullienne et l’Éthiopie impériales, qui exerçaient alors, dans les années soixante, leur souveraineté sur des populations de culture somalie.
Ce consentement ne vint pas davantage des changements de régimes successifs à Addis-Abeba, en dépit de la guerre de l’Ogaden, et de l’accession à l’indépendance du TFAI (territoire français des Afars et des Issas) devenu république de Djibouti. Et il n’en est plus question dès lors que la guerre civile des années 1990 (avec les seigneurs de la guerre comme le « général Aïdid »), n’a jamais vraiment cessé, prolongée par la piraterie et les séparatismes sur une base politico-religieuse, comme avec les djihadistes du mouvement Shebab, ou clanique comme au Puntland, le pays de Pount des anciens Égyptiens, riche en épices et encens et entourant le Cap Guardafui, cher à Monfreid, à la pointe de la Corne de l’Afrique.
En bons termes avec le régime pro-occidental du dictateur Siad Barré, les Etats-Unis ont bénéficié dans les années 1980 de facilités à Berbera, port en eaux profondes idéalement situé face à Aden et Socotra, bases contrôlées par les Soviétiques alliés au Yémen du Sud. Il n’est pas exclu que l’Oncle Sam ait encouragé Israël à reconnaître le Somaliland afin de lui emboiter le pas, le respect du droit international étant considéré par l’administration Trump comme une formalité bureaucratique inutile, comme le montre son intervention au Venezuela.
Ce ne sont plus les Soviétiques, ni même les Russes, qui contrôlent Aden sur l’autre rive du détroit des Lamentations (Bab el-Mandeb) et son accès oriental (Socotra), mais les Émiriens. Comme le groupe MARS l’a précédemment évoqué 1 , les EAU sont devenus la puissance dominante dans la zone, en étendant leur influence par tous les moyens, y compris armés, pour entretenir la guerre civile, du Yémen en Libye, en passant par les deux (et bientôt trois) Soudans.
Si les Israéliens ont voulu profiter de la position stratégique offerte par le Somaliland, ce n’est pas pour contrecarrer l’influence des EAU, déjà présente à Berbera dont les infrastructures portuaires sont contrôlées par une société émirienne. Tout au contraire, il est vraisemblable que les EAU officialisent leurs relations avec Hargeisa dans la foulée des Israéliens, ne serait-ce que pour éviter de s’en faire évincer. Berbera va donc suivre le modèle djiboutien de l’exploitation d’une rente stratégique de manière non exclusive.
Un quatrième acteur devrait également suivre le mouvement : l’Éthiopie. Privée depuis plus de trente ans de sa façade maritime à la suite de l’indépendance de l’Érythrée et des relations conflictuelles entre Addis-Abeba et Asmara, le débouché naturel de Djibouti restant verrouillé pour longtemps, l’Éthiopie cherche une autre voie d’accès à l’océan indien : le port de Berbera. La reconnaissance diplomatique du Somaliland permettrait d’officialiser les liens tissés depuis trente ans, et ainsi de développer une route logistique essentielle pour le développement du pays. L’éclatement de la Somalie devenu irréversible, l’Éthiopie pourrait affermir son emprise sur l’Ogaden, vaste marche stratégique historiquement contrôlée par Addis (via Harrar) bien que peuplée de clans somalis plus ou moins sédentarisés.
Loin d’être anecdotique, la reconnaissance du Somaliland par Israël constitue bien un événement majeur des relations internationales. Elle offre à Tsahal une alliance de revers contre les Houthi tout en consolidant la relation stratégique israélo-émirienne officialisée par les « accords d’Abraham » signés sous le premier mandat Trump. Autant dire que ce tournant suscite autant l’ire de la Turquie que l’appui des Etats-Unis, surtout s’il permet aux EAU de sortir indemne du guêpier yéménite sans déclencher un conflit ouvert avec l’allié-rival saoudien, ce que l’Oncle Sam n’apprécierait guère.
Les EAU soutiennent en effet ouvertement les séparatistes sud-yéménites du Conseil de transition du Sud (STC) qui, sortant d’Aden pour prendre ces dernières semaines le contrôle des provinces de Hadramout et de Mahra, se sont dangereusement rapprochés des frontières sud du royaume saoudien, déclenchant une réaction armée immédiate : des bombardements aériens. Le STC fait pourtant partie de la coalition gouvernementale légitimiste opposée aux rebelles Houthi soutenus par l’Iran qui ont pris la capitale yéménite Sana’a et contrôlent depuis plus de dix ans la majeure partie de l’ancien Yémen du Nord, dont la façade contrôlant les accès sud de la Mer Rouge.
Si le Yémen du Sud renaît sous l’autorité du STC et la protection des EAU, Ryad n’aura plus d’allié à sa frontière sud. C’est pourquoi, avec l’appui du paisible Oman, les forces saoudiennes, privées de leurs auxiliaires soudanais, tentent par tous les moyens d’empêcher une nouvelle partition du Yémen, qui, après celle des années 1967 à 1990, apparaît pourtant inéluctable. De leur côté, les EAU adoptent, comme toujours, un profil bas, en retirant leurs forces officielles (et les chars Leclerc livrés et entretenus par KNDS) tout en soutenant et encadrant leurs supplétifs, et démentant leur livrer des armes. Tout comme en Libye et au Soudan.
Ce sont les Turcs qui ont protesté de la manière la plus virulente contre la reconnaissance israélienne du Somaliland. Renouant avec la politique ottomane qui, jusqu’à la guerre de 1914, avait contrôlé la Mer Rouge et ses abords pendant plusieurs siècles, la Turquie d’Erdogan est devenue depuis plusieurs années le principal soutien du fragile gouvernement de Mogadiscio, avec l'assentiment de la communauté internationale. L’aide militaire turque avait même fini par se concrétiser en plusieurs bases en territoire somalien. L’arrivée prochaine de Tsahal dans la zone ne saurait donc satisfaire l’héritier de la Sublime Porte.
A l’orée de la nouvelle année 2026, le Moyen-Orient est traversé de multiples fractures qui ne se résument pas au problème iranien. 2025 a été d’ailleurs été une « annus horribilis » pour la république islamique, qui a vu ses alliés du prétendu « axe de la résistance » considérablement affaiblis à Gaza (Hamas) et au Liban (Hezbollah), voire laminés en Syrie (régime Assad). Les Chiites irakiens sont divisés. Quant aux Houthis, renforcés par la trêve respectée depuis trois ans avec la coalition saoudo-émirienne, ils sont devenus des alliés indociles. La « guerre des 12 jours » de juin dernier a retardé le programme nucléaire iranien 2. Enfin, la révolte populaire de ces derniers jours, que le Mossad reconnaît avoir attisé, menace directement le régime des mollahs.
Au total, les conditions paraissent réunies pour maîtriser comme jamais la menace iranienne. Le pouvoir révolutionnaire agressif qui faisait trembler la terre entière il y a quarante ans s’est mué en régime militaire conservateur dont le souci premier est de se maintenir. Il n’est pas impossible que, à l’inverse du premier mandat Trump, l’administration Trump 2 finissent par « dealer » avec la république islamique l’abandon simultané des sanctions et du programme nucléaire afin de relancer le business tout en donnant à Israël de solides garanties de sécurité. L'expérience irakienne a en effet appris aux Américains que le changement radical de régime était une victoire à la Pyrrhus et que l'ubris est toujours mauvaise conseillère.
La diplomatie française est-elle dépassée au point de ne plus savoir appréhender la complexité du Moyen-Orient ? Il faut dire qu’essorée par la réforme Macron et décrédibilisée par le néo-conservatisme des années précédentes, elle peine à exprimer autre chose que des protestations aussi récurrentes que vaines. C’était une remise en perspectives, non une remise en cause, qu’il fallait impulser. Prendre du recul, discerner les grandes tendances du monde, plutôt que de se focaliser sur les questions européennes. Comprendre par exemple que le Moyen-Orient ne se résume pas à une problématique unique. Et que le règlement de la question palestinienne ne dépend pas de nous.
D’ailleurs, l’histoire nous dira peut-être que la Palestine, en tant qu’État moderne, est morte le 7 octobre 2023. Il est sans doute dépassé de penser la région en termes d’États-nations. Après tout, cette notion occidentale a connu une consécration tardive : 1648 et les traités dits de Westphalie, qui soldèrent la guerre de Trente ans et les guerres de religion en Europe. Mais le Moyen-Orient a une tout autre histoire, un contexte culturel très différent, beaucoup plus ancien et complexe que l’histoire européenne, qui se résume finalement à la problématique des surgissements périodiques d’empires revendiquant l’héritage romain. Rien de tel au Moyen-Orient, où passent des empires plus ou moins éphémères, autochtones ou étrangers, quand les peuples restent. Israël est confronté aux Perses depuis 27 siècles, avec des périodes terribles et d’autres plus paisibles.
Le peuple palestinien succède aux Phéniciens en tant que population autochtone inassimilable et avec laquelle il faut apprendre à vivre en bonne intelligence. Au Moyen-Orient, les guerres à soubassement religieux n’ont jamais cessé et ne cesseront sans doute jamais. Il convient donc de penser le Moyen-Orient comme un monde fluide où plusieurs liquides de densités et de couleurs différentes se mêlent et se séparent au gré des flux qui les traversent, sans jamais se mélanger. L’Europe que nous connaissons aujourd’hui est un monde stable, avec des alliances solides, quoique fragiles, où un fond culturel partagé permet d’envisager la paix et de la reconstruire après un conflit.
Ce modèle n'est sans doute pas transposable au Moyen-Orient. Le paysage en train de se dessiner en ce début d’année 2026 se caractérise par des rivalités de puissances régionales qui ont occupé le vide laissé par le départ et le désintérêt des grandes puissances d’hier et des empires coloniaux d’avant-hier. La principale ligne de fracture est probablement idéologique, du fait de la rivalité entre deux systèmes : l’islam politique porté par l’idéologie des Frères musulmans, incarné par la Turquie d’Erdogan soutenue par l’argent du Qatar, et un islam ouvert incarné par l’Égypte soutenue par les pétromonarchies rivales, EAU et (jusqu’ici) Arabie saoudite, et désormais par Israël.
Mais dans ce monde liquide qui ignore les alliances stables, les changements de posture arrivent parfois sans prévenir. Et à ce titre, l’évolution de l’Arabie saoudite est à scruter avec attention, surtout si le royaume de MBS continue à se rapprocher d’un Iran conservateur affaibli. A ce titre, il n'est pas exclu que les services saoudiens apportent une aide discrète au régime des mollahs pour éviter qu'un nouvel Iran ne renforce le camp des EAU. Après tout, Ryad trouvait un intérêt certain dans ce régime infréquentable pour les Occidentaux et le maintien de ce repoussoir restait le principal argument de la perpétuation du pacte du Quincy dans l'ère de l'après pétrole pour les Américains.
Dans un tel contexte, notre pays a-t-il encore quelque chose à dire dans cette région du monde ? La RNS permet d’en douter. La diplomatie française a au moins évité de s’immiscer dans des rivalités de puissances régionales qui ne nous concernent pas. Mais il serait conforme à l'image de la France dans le monde d’apporter une vision renouvelée, compatible avec notre héritage et nos intérêts. Si nous arrêtions de nous focaliser sur l’Europe et sur Gaza 3 , nous renouerions avec une vision héritée du mitterrando-gaullisme et d’une vocation plus ancienne encore dans la région 4.
Cela impliquera sans doute de repenser notre prosélytisme démocratique et notre rapport au droit international, afin de coller aux évolutions en cours sans se renier. Une diplomatie renouvelée suppose un outil militaire adapté au primat du rapport de forces. Cela suppose aussi d'investir davantage dans nos bases de Djibouti et des Émirats. Ce qui conduira à s'interrogera sur notre relation à Hargeisa. La politique étrangère et de sécurité d’un pays ne se limite pas à l’adoption d’un budget, aussi impressionnant soit-il, au risque de s’interroger sur sa finalité véritable, et finalement, de rompre l’indispensable consensus national sur notre politique de défense. Les errements du passé font la bonne politique d’aujourd’hui, qui se traduira en commandes d’armement de demain.
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1 https://www.latribune.fr/idees/opinion-notre-ami-l-emir-1023012.html
2 https://www.latribune.fr/idees/tribunes/iran-israel-etats-unis-bombing-for-peace-1029139.html
3 https://www.latribune.fr/idees/tribunes/gaza-ce-n-est-pas-parce-qu-on-a-quelque-chose-a-dire-qu-il-faut-ouvrir-sa-gueule-1027084.html ; Israël-Palestine, année zéro. Le 7 octobre 2023, une onde de choc mondiale – Fondation Jean-Jaurès
4 Afrique: comment la France peut y revenir par la grande porte ?
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(*) Le groupe Mars, constitué d'une trentaine de personnalités françaises issues d'horizons différents, des secteurs public et privé et du monde universitaire, se mobilise pour produire des analyses relatives aux enjeux concernant les intérêts stratégiques relatifs à l'industrie de défense et de sécurité et les choix technologiques et industriels qui sont à la base de la souveraineté de la France.
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