Arctique : la nouvelle bataille des routes maritimes mondiales
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Près de la ville de Nuuk, au Groenland.
LTD/Stoyan Nenov/Reuters
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Près de la ville de Nuuk, au Groenland.
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Qui aurait su placer précisément le Groenland sur une carte avant que Donald Trump ne remette cette île danoise sous les projecteurs à l’aube de son second mandat ? En affirmant que les États-Unis devaient prendre le contrôle de ce territoire de 2,1 millions de km², le président américain n’a pas seulement signé une nouvelle provocation géopolitique. Il a surtout révélé au grand jour un enjeu stratégique longtemps resté à l’écart du débat public : la compétition pour la maîtrise de l’Arctique.
Car derrière le Groenland se dessine une bataille d’influence qui oppose depuis plusieurs décennies les principales puissances mondiales. Dès la fin de la guerre froide, dans les années 1990, les États-Unis, la Russie et, plus tard, la Chine ont compris l’importance de cette région longtemps considérée comme périphérique.
Le changement climatique a accéléré cette dynamique. À mesure que les glaces reculent, l’Arctique cesse d’être une frontière inaccessible pour devenir un espace économique et stratégique convoité. Les ressources minières qu’il recèle expliquent une partie de cet intérêt. Mais l’enjeu dépasse largement l’extraction. La fonte de la banquise ouvre la perspective de nouvelles voies maritimes capables de raccourcir considérablement les trajets entre l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord.
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Cette promesse d’un commerce mondial plus rapide nourrit les ambitions des grandes puissances. Dès 2018, Pékin affichait ses intentions avec son projet de « Route de la soie polaire ». Plus récemment, c’est un autre projet qui a refait surface début juin en marge du Forum économique de Saint-Pétersbourg : celui d’un tunnel « Trump-Poutine » de 110 kilomètres sous le détroit de Béring, accompagné d’une liaison ferroviaire et logistique entre l’Eurasie et l’Amérique du Nord. L’idée n’est pas nouvelle.Aucun accord n’existe à ce jour et les obstacles techniques comme financiers demeurent considérables. Mais sa réapparition dans les discussions est révélatrice.