Les frappes israéliennes du « mercredi noir » ont ciblé des quartiers résidentiels de Beyrouth. Une escalade assumée par Israël, dans un contexte de rapport de force avec l’Iran.Dix minutes. C’est le temps qu’il a fallu à l’armée israélienne pour mener une centaine de frappes à travers le Liban mercredi 8 avril. Deux jours plus tard, les derniers chiffres publiés par le ministère de la Santé recensaient 357 morts et plus de 1200 blessés.
Le bilan continue de s’alourdir. Les secouristes sont toujours à pied d’œuvre sur de nombreux sites bombardés. « On trouve encore des membres », lâche l’un d’entre eux en sortant du cratère causé par le bombardement dans le quartier populaire de Tariq el-Jdideh. Ici, c’est notamment un entrepôt de Rifai qui a été ciblé. Les employés de la célèbre marque de noix et de fruits secs ont été les premières victimes du bombardement.
« Une dizaine d’entre eux sont morts, avec les automobilistes coincés dans les embouteillages », décrit Khalil, un habitant du quartier. Autour du site, les dégâts sont énormes. L’explosion des cuves de mazout situées à côté, destinées à alimenter les générateurs du quartier, a soufflé les façades avoisinantes.
« Que voulez-vous que je fasse ? »
Khalil se tient immobile devant la scène du massacre. Il est repassé chez lui récupérer quelques affaires. « Seules les vitres ont été brisées. Les dégâts sont minimes comparés aux autres », décrit-il. Pourtant, avec sa femme et son fils, ils ont quitté le quartier directement après le bombardement. « Ma femme est roumaine. Elle ne supporte pas ça », s’excuse-t-il presque. Mais de nombreux autres habitants du quartier sont restés. Mohamad Marji, 75 ans, est de ceux-là. France, Allemagne, Chine, Koweït : ses enfants se sont expatriés.