Théo et son frère Lucas ont failli opter pour l’Espagne, où ils ont grandi. Le défenseur de l’Athletic Bilbao a longtemps rêvé de la France, dont il a été capitaine des Espoirs.Leurs noms ont été associés pour la première fois en 2015 dans un papier d’El Confidencial. Il était consacré à Lucas Hernandez qui, à 19 ans, commençait déjà à se faire une place au sein de la rugueuse défense de l’Atletico de Madrid. Ayant grandi en Espagne, le fils de Jean-François Hernandez, ancien joueur de l'Olympique de Marseille, n’excluait pas de porter, un jour, le maillot de la Roja, alors qu’il écumait les sélections de jeunes avec la France. Pour expliquer cette tentation, il était question de la très forte concurrence en charnière chez les Bleus, alors incarnée par la jeunesse de Raphaël Varane.
Dans le même temps, Vicente del Bosque, le sélectionneur des grandes heures de l’équipe nationale espagnole, tirait la sonnette d’alarme : le réservoir était limité à ce poste. Quelques lignes plus loin, l’article faisait le parallèle avec la situation d’Aymeric Laporte, évoquée quelques mois auparavant dans L’Équipe. À 21 ans, le capitaine de l’équipe de France espoirs était sollicité par l’Espagne, où il vivait depuis qu’il avait intégré le centre de formation de l’Athletic Bilbao. Mais l’Agenais rêvait des Bleus et ne ratait jamais une occasion de le dire.
Vendredi 10 juillet, le défenseur a fêté sa 51e sélection avec la Roja contre la Belgique (2-1). Le tournant a peut-être eu lieu à Brighton, le 31 août 2019. Ce jour-là, Aymeric Laporte, qui a été recruté moyennant 65 millions d’euros par Manchester City à l’hiver 2018, se blesse et doit renoncer au rassemblement de l’équipe de France. C’était la troisième fois que Didier Deschamps l’appelait en trois ans, sans pour autant lui donner une minute de jeu. Il ne le sera plus jamais par la suite. Le joueur n’a pas caché sa frustration de ne pas avoir sa chance, ce qui est rarement la voie de la sagesse face à Deschamps.