Les tribunes du Gillette Stadium de Foxborough ne ressemblent pas précisément à un camp romain fumant au lendemain d’une grande bataille, mais il y avait un peu de cette ambiance hors du temps et de la violence du monde, jeudi, après la victoire contre le Maroc (2-0), quand les joueurs et le staff de l’équipe de France y ont rejoint leurs familles et leurs proches pendant près de deux heures. Un temps calme pour une équipe de faux « méchants », le surnom dont ils se sont affublés, mais de vrais compétiteurs qui justifient match après match la crainte et le respect qu’ils suscitent depuis qu’ils ont foulé le sol américain.
« En mission », les Bleus étouffent tout sur leur passage. De telle sorte qu’on en est encore à se demander, aux portes de la finale, s’ils ont déjà souffert ou affronté un adversaire digne de ce nom. La réponse est oui – on ne parle pas du Paraguay, qui n’a pas joué au foot –, mais ils les réduisent à l’état d’impuissance. Quoi qu’il en soit, les choses seront très claires, très vite : mardi à l’AT&T Stadium, à Arlington, à une trentaine de kilomètres de Dallas (Texas), ils défient l’Espagne. Le champion d’Europe reste sur deux victoires logiques contre eux et forme un ensemble huilé, à même de dérégler la machine tricolore. Mais le quart négocié sans mal face au Maroc, qui garantit un tournoi à huit matchs, a creusé un sillon.