À neuf mois des élections de mi-mandat, la décision sonne comme un revers politique cinglant. L’invalidation vendredi par la Cour suprême d’une partie des droits de douane réciproques instaurés par Donald Trump est un coup d’arrêt – peut-être provisoire – à la politique protectionniste et ambitieuse menée par la Maison-Blanche.
Habitué aux coups d’éclat, le président a immédiatement affiché sa confiance dans le maintien de ses tarifs douaniers, invoquant des alternatives juridiques pour parvenir à ses fins. Dans le sillage de la décision de la Cour suprême, l’homme fort de Washington a signé par décret un nouveau droit de douane mondial de 110 %, avant de le monter à 15 % hier, avec « effet immédiat ». De leur côté, les partenaires commerciaux, l’Union européenne en tête, se montrent prudents, tant l’incertitude domine. Vendredi, la Bourse de New York a néanmoins clôturé en hausse.
L’annonce soulève une interrogation centrale : quel sort réserver aux milliards déjà versés au titre des droits de douane ? La Cour ne s’est pas prononcée sur la question. En invalidant les ressorts de l’offensive commerciale lancée par Donald Trump en avril, elle ouvre la voie à d’éventuelles batailles juridiques portant sur plus de 130 milliards de dollars. Selon le média américain Politico, ce serait au Tribunal de commerce international des États-Unis de traiter ces dossiers délicats.