Alors qu’un froid polaire frappe le pays, l’armée russe pilonne les infrastructures énergétiques. À Kiev, les systèmes électriques et de chauffage sont au bord de l’effondrement.Incapable d’obtenir un avantage décisif sur le champ de bataille, Vladimir Poutine s’est trouvé un nouvel allié de circonstance : le général hiver. En cette fin de semaine, alors que l’Ukraine connaît l’épisode de grand froid le plus rude depuis plus de dix ans, l’armée russe a choisi de lancer une campagne de frappes massives sur les infrastructures énergétiques du pays. Dans la nuit de jeudi à vendredi, 36 missiles et 250 drones kamikazes Shahed se sont abattus sur Kiev, faisant 5 morts et 20 blessés.
La capitale de 3 millions d’habitants s’est réveillée au petit matin groggy, sans électricité et sans chauffage, face à un risque réel de rupture énergétique.
« La situation est encore sous contrôle, mais nous craignons que le scénario d’effondrement total qui s’est déroulé à Dnipro survienne à Kiev, explique un membre de l’administration militaire de la région. Le réseau électrique et celui du chauffage urbain pourraient ne pas résister à une combinaison de températures polaires et de bombardements russes. » Jeudi 8 janvier, Dnipro, 1 million d’habitants, s’est effectivement retrouvé plongé dans un black-out intégral, après que les centrales thermiques de la ville ont été détruites. La situation est également très difficile à Kharkiv, 1,4 million d’habitants, ou à Zaporijjia, 800.000 habitants.
À Kiev, 6000 immeubles collectifs, soit la moitié du parc de la capitale, ont été privés de chauffage toute la journée de vendredi alors que la majorité du territoire urbain, plus grand que celui de Paris, était privée d’électricité. Par précaution, le maire, Vitali Klitschko, a exhorté ceux qui le peuvent à quitter « temporairement » la ville. Des générateurs d’urgence ont été mis en place afin d’assurer la continuité des établissements médicaux. Hier, alors que le thermomètre affichait -10 °C, des travaux d’urgence ont permis de rétablir le chauffage dans la moitié des immeubles touchés.