C’est une image emblématique de la corruption qui hante le pays depuis la révolution de Maïdan et la révélation du train de vie luxueux du président déchu Viktor Ianoukovitch. Pour les Ukrainiens, découvrir, onze ans plus tard et en pleine guerre, les photos de toilettes en or massif et de placards remplis de billets de banque prises lors d’une perquisition dans l’un des appartements de Timour Minditch ressemble à un mauvais rêve.
Pour Volodymyr Zelensky, élu en 2019 sur la promesse d’éradiquer la corruption et le népotisme, le parallèle est dévastateur. Car l’homme d’affaires en question, ami de longue date du président et copropriétaire de sa boîte de production, est soupçonné d’être au cœur du scandale qui secoue le pays. L’affaire sera-t-elle évoquée lors de la rencontre entre Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron, demain à l’Élysée, pour la neuvième visite du président ukrainien à Paris ? Le scandale tombe mal.
Cet été, le nom de Minditch était déjà sur les lèvres des manifestants mobilisés contre la réforme qui voulait placer les deux agences anticorruption sous le contrôle direct du gouvernement. Un projet de Zelensky pour tenter d’étouffer l’enquête en cours, selon plusieurs médias et ONG ukrainiennes. Le président a dû y renoncer.
Preuve de l’entregent de Timour Minditch dans les cercles du pouvoir, le suspect, manifestement informé, a quitté l’Ukraine juste avant le lancement des perquisitions lundi, tout comme son associé Oleksandr Tsukerman. Selon le député d’opposition Yaroslav Zheleznyak, les deux hommes, détenteurs de passeports israéliens, se seraient mis à l’abri dans l’État hébreu.