La colère sourde des princes du Golfe. La chronique de François Clemenceau
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Les pauvres ! C’est un paradoxe fou de voir ces richissimes pétromonarchies du Golfe visées jour après jour par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution islamique. Aéroports, gratte-ciel, hôtels de luxe, installations pétrolières, usines de désalinisation… Tout ce qui faisait la réputation de modernité et de prospérité de ces nations a été méthodiquement ciblé, en même temps que les bases militaires américaines dont les dirigeants du Golfe avaient acheté la protection à prix d’or.
Jeudi 19 mars, le nouvel homme fort iranien – bien qu’on ne sache s’il est tout à fait valide après avoir été blessé dans la frappe qui a tué son père, Ali Khamenei – leur a expressément recommandé de fermer les bases de soldats étrangers qu’ils abritent sous peine de continuer à voir leurs joyaux d’influence et leurs outils de production insolente bombardés. Les rois et les princes n’ont pas répondu publiquement et conjointement à ce chantage. Mais leur colère à l’encontre de l’Iran rejoint celle qu’ils éprouvent à l’égard de Donald Trump et de Benyamin Netanyahou.
Ce n’était pourtant pas faute d’avoir mis en garde le président américain. À de nombreuses reprises, entre le début des manifestations en Iran le 28 décembre 2025 et le déclenchement des frappes israélo-américaines le 28 février, les diplomates du Golfe avaient tenté de convaincre Washington qu’une guerre contre l’Iran serait catastrophique et que l’option diplomatique devait être privilégiée pour amener le régime iranien à cesser sa répression des manifestants et à transiger sur ses objectifs nucléaires et balistiques. Oui, pendant près d’un mois, Donald Trump et ses généraux ont progressivement mis en place dans la région de quoi frapper l’Iran mais aussi de quoi protéger leurs bases et les intérêts de leurs alliés.