La tournée qu’effectuera le président Trump cette semaine, sa première à l’étranger, est consacrée à trois pays du Golfe, tous influents dans les affaires du monde mais surtout avec des dizaines de milliards de dollars à investir aux Etats-Unis, quelle que soit la politique du gouvernement américain.Il y a des symboles et des coïncidences qui peuvent faire sourire. Cette semaine, le géant du divertissement Disney a annoncé la création d'un nouveau parc d'attractions et révélé qu'il serait construit à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis. On ne sait pas si le grincheux et colérique Donald Duck sera de la partie, mais un autre Donald excessif dans ses émotions et décisions, Trump, se rendra à partir de mercredi dans la région. Pour sa première tournée à l'étranger, le président américain a choisi, comme en 2017, le Moyen-Orient. Il sera mercredi en Arabie saoudite, jeudi au Qatar et vendredi aux Émirats.
Ce voyage, dans une région à feu et à sang - si l'on ne s'en tient qu'à Gaza, à la Syrie et au Yémen -, « ce sera plus du business que de la diplomatie », écrivent Elisabeth Dent, une spécialiste de la zone passée par le département d'État et le Pentagone, et son collègue Simon Henderson dans leur dernière note pour le Washington Institute for Near East Policy. Donald Trump avait dit crânement qu'il ne viendrait en Arabie saoudite que si elle promettait d'investir 1.000 milliards de dollars aux États-Unis. La réalité tournerait plutôt autour de 600 milliards, ce qui est déjà beaucoup.
Business ou politique... Et pourquoi pas les deux ?
Les Émirats, eux, n'ont pas démenti un chiffre de 1 400 milliards mais sur dix ans. Quant au Qatar, qui abrite l'état-major avancé du Central Command de l'armée américaine mais aussi les négociations entre les États-Unis, Israël et les émissaires du Hamas, il devrait annoncer des achats d'armement très importants. Ces trois États clés du Golfe, qui rivalisent de soft power et d'initiatives diplomatiques, sont surtout confrontés aux défis de la transition énergétique et de la chute des cours du pétrole. Leurs fonds souverains se tournent donc vers la puissance américaine, maîtresse de la tech, du numérique et de l'intelligence artificielle, un domaine où les profits à venir sont exponentiels.