Alors que les soutiens du président américain déclinent, la République islamique continue de faire attendre un Donald Trump impatient de recevoir une réponse à ses propositions.Soixante-douze jours après les premières attaques américano-israéliennes contre l’Iran, Téhéran impose son tempo. Samedi 9 mai, Washington attendait toujours la réponse de la République islamique à ses propositions pour un protocole d’accord afin de mettre fin aux hostilités et de rouvrir le détroit d’Ormuz, avant de s’engager dans des négociations.
« Je devrais recevoir une lettre ce soir, donc on verra bien comment ça se passe », avait affirmé le président américain vendredi. Aucune lettre n’est arrivée. Au contraire, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré à son homologue turc lors d’un coup de téléphone hier après-midi : « L’escalade récente des tensions par les forces américaines et leurs multiples violations du cessez-le-feu renforcent les soupçons sur la motivation et le sérieux de la partie américaine sur la voie de la diplomatie. »
L’impatient et nerveux Donald Trump veut pourtant aller vite. « Il lui faut un bout de papier à montrer aux Américains, explique Romuald Sciora*, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’Iris. Il se sent fragilisé depuis plusieurs semaines. Cette guerre n’est pas celle de son administration, c’est la sienne. Il l’a faite contre l’avis de son vice-président, de la secrétaire générale de la Maison-Blanche, des généraux du Pentagone et surtout de sa base. » Ses électeurs Maga (Make America Great Again) se sentent en effet trahis par le candidat de 2024 qui avait promis de ne plus engager son pays dans une guerre à l’étranger. Ses soutiens commencent à se détacher de leur chef.