Taiwan, Malacca : autres détroits, autres angoisses. La chronique de François Clemenceau
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Pour les diplomates et les militaires, le Quad n’est pas un véhicule à trois ou quatre roues tout-terrain prisé par les cascadeurs des films d’action. C’est une entité stratégique de quatre nations qui pèse environ un tiers du PIB mondial. Elle fut créée en 2007 lorsque les États-Unis, le Japon, l’Australie et l’Inde décidèrent de coordonner leurs efforts après les séismes et le tsunami qui venaient de coûter la vie à plus de 200.000 personnes dans la zone indopacifique.
Mais le Quad est devenu par la suite un outil de coopération sur tous les plans, et la Chine a deviné avec justesse qu’il s’agissait aussi d’une alliance de quatre puissances maritimes. Elle craignait qu’à force de coopérer de plus en plus elles ne s’alignent sur les États-Unis pour l’« endiguer ».
Cette semaine à New Delhi, le sommet des chefs de la diplomatie du Quad a permis de progresser dans la structuration opérationnelle de leurs politiques maritimes. Comme le relève leur communiqué final dès son 4e paragraphe, avec un sens aigu de la litote, « l’actualité internationale a mis en évidence la vulnérabilité des routes commerciales maritimes et les risques qui en découlent pour le trafic continu de marchandises ».
Après la prise en otage du détroit d’Ormuz par le régime iranien, a-t-on besoin d’une traduction plus claire pour évoquer la crise majeure qui naîtrait d’une prise de Taïwan par la Chine ou d’un conflit hybride autour du détroit de Malacca, par où transite 40 % du commerce mondial ?
C’est d’ailleurs bien ce qui est sous-entendu dans le 6e paragraphe de ce compte rendu, même si la Chine n’y est pas nommée, mais s’y reconnaîtra : « Nous sommes sérieusement inquiets par la situation en mer de Chine orientale et de Chine du Sud, et nous réaffirmons notre ferme opposition à toute action de déstabilisation ou initiative unilatérale, y compris par la force ou la coercition, qui menacerait la paix et la stabilité de la région. »
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