Cette guerre que Poutine doit perdre. La chronique de François Clemenceau
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Ces gens-là se parlent-ils ? Une semaine après la décision de Pete Hegseth, le ministre américain de la Défense, d’interrompre le déploiement programmé de 4.000 soldats en Pologne, voici donc que Donald Trump, sans prévenir qui que ce soit non plus, a annoncé vendredi 23 mai l’envoi de 5.000 militaires supplémentaires sur place.
Ces deux hommes, dont on clame la proximité idéologique et la fascination mutuelle, ont pris ces décisions aussi brusques qu’inattendues pour de mauvaises raisons. Le premier pour punir les Européens de l’Otan de ne pas être venus proposer leur aide afin d’appuyer les États-Unis dans leur guerre contre l’Iran. Le second pour récompenser le président polonais, Karol Nawrocki, de partager son agenda ultraconservateur et nationaliste. Cette cacophonie, à quelques heures de la participation du chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, à un sommet informel ministériel de l’Otan en Suède, en dit long sur l’amateurisme désinvolte des plus hauts dignitaires de la première puissance militaire mondiale.
S’il y a bien un homme qui doit se réjouir de ces zigzags à répétition de la Maison-Blanche et du Pentagone, c’est évidemment Vladimir Poutine. Diviser les Européens, enfoncer systématiquement un coin entre les membres de l’Alliance atlantique est en effet un objectif récurrent du maître du Kremlin. Surtout lorsque sa guerre en Ukraine est plus que jamais dans l’impasse.