Moyen-Orient : la drôle de guerre
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Le porte-avions USS « Abraham Lincoln » de l’US Navy, depuis un lieu tenu secret, le 3 mars.
LTD/Sic Domain - US Navy via REUTERS
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Le porte-avions USS « Abraham Lincoln » de l’US Navy, depuis un lieu tenu secret, le 3 mars.
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Le conflit au Moyen-Orient aura eu au moins une vertu pour Donald Trump : lui apprendre la patience. À celui qui, il y a encore trois semaines, enrageait et promettait l’enfer aux Iraniens s’ils ne rouvraient pas « le PUTAIN de détroit » d’Ormuz, a succédé un président presque philosophe, alors que le conflit va entrer mardi dans son troisième mois. « J’ai tout le temps du monde », a même écrit sur son réseau Truth Social le locataire de la Maison-Blanche jeudi, un jour après avoir prolongé la trêve sans, cette fois, lui fixer une date limite.
La posture est bien sûr calculée. Elle répond à la nouvelle ligne américaine pour obliger Téhéran à négocier sur le dossier du nucléaire. Fini donc la guerre éclair et le déluge de feu qui ont prévalu lors des premières semaines de conflit. Place à la stratégie du boa constrictor qui vise à étouffer économiquement l’ennemi. Celle-ci passe essentiellement par le blocus maritime mis en place dans le golfe Persique – qui duplique celui des Iraniens sur le détroit d’Ormuz – qui empêche Téhéran d’exporter son brut.
Vendredi, Pete Hegseth, le secrétaire américain à la Guerre, a affirmé que 34 navires avaient déjà été interceptés. Le régime perdrait ainsi 500 millions de dollars par jour, affirme-t-on côté américain. Autre danger pour Téhéran : la saturation de ses capacités de stockage de pétrole, notamment sur l’île de Kharg qui abrite le terminal d’où partent 90 % des exportations de brut. Selon la société spécialisée TankerTrackers, le régime a dû cette semaine avoir recours à un vieux tanker pour soulager les réservoirs de l’île. Si la situation perdure, affirme le journal émirati Gulf News, les limites de stockage seront atteintes d’ici une grosse dizaine de jours.
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