Quatre ans après avoir quitté ses fonctions de Premier ministre, Andrej Babiš se retrouve à nouveau aux portes du pouvoir en République tchèque. Selon les résultats provisoires des législatives qui se sont déroulées ces vendredi 5 et samedi 6 octobre, son parti, Ano («Oui» en français), a obtenu 35% des voix. Les électeurs ne semblent pas avoir été sensibles aux soupçons de corruption et de conflits d’intérêt qui entourent le milliardaire, qui a fait fortune dans les engrais.
Ses quatre années d’abstinence gouvernementale ont changé l’ex-communiste, qui, à 71 ans, s’est radicalisé. Autrefois considérée de centre-gauche, sa formation a coupé les ponts en juin 2024 avec les centristes de Renew au Parlement européen pour participer, avec le leader ultraconservateur hongrois Viktor Orban, à la création du groupe Patriotes pour l’Europe où figure également le Rassemblement national.
Ce raidissement idéologique a imprégné la première partie de la campagne électorale au cours de laquelle Babiš a singé Donald Trump, au point de lui emprunter sa fameuse casquette rouge. Dans son programme, il promettait, comme l’Américain, de s’occuper des Tchèques d’abord et d’améliorer leur quotidien impacté par une forte inflation.
S’il revient aux affaires, chose qui n’est pas encore acquise, Babis montrera-t-il ce même visage nationalo-populiste ? Cela dépendra en partie de la façon dont il constituera son équipe. Ces derniers jours, il a dit préférer un gouvernement minoritaire, avec l’idée de sceller des alliances au Parlement au cas par cas. Mais, pour plus de sécurité, il pourrait choisir un accord avec deux autres formations, le parti d’extrême droite SPD et la coalition de gauche radicale Stacilo. Ces mouvements ont en commun de vouloir quitter l’Union européenne (UE) et de lever les sanctions contre la Russie.