EDF, qui accuse le sud-coréen KHNP de concurrence déloyale, a déposé une nouvelle plainte auprès d'un tribunal tchèque, lequel a bloqué la signature du contrat KHNP. En parallèle, l'électricien tricolore attend impatiemment le verdict de Bruxelles. Un feuilleton qui irrite au plus au point l'exécutif tchèque.Mise à jour : En parallèle de la décision du tribunal de Brno, plusieurs médias ont pris connaissance hier d'une lettre envoyée par le commissaire européen à l'Industrie, Stéphane Séjourné, demandant à la République tchèque de suspendre la signature du contrat avec la société sud-coréenne KHNP. Dans son courrier daté du 2 mai, Stéphane Séjourné précise qu'une procédure en cours pourrait déboucher prochainement sur l'ouverture d'une enquête.
EDF est bien décidé à ne pas jeter l'éponge en République tchèque. Alors que le 17 juillet dernier, l'énergéticien tricolore échouait, dans la toute dernière ligne droite, face à son concurrent sud-coréen KHNP pour la construction de deux nouvelles tranches nucléaires, le groupe n'a toujours pas abandonné cette compétition. Laquelle devait initialement se conclure mercredi 7 mai par la signature officielle du contrat entre l'exploitant tchèque CEZ et le sud-coréen KHNP.
C'était sans compter un énième recours d'EDF. Vendredi dernier, le groupe tricolore a, en effet, saisi le tribunal régional de Brno afin de s'assurer de la transparence du processus, après que l'autorité de la concurrence tchèque a rejeté en deuxième instance son recours. Quatre jours plus tard, le mardi 6 mai, la juridiction administrative a émis une injonction préliminaire bloquant la signature du contrat entre CEZ, via sa filiale Elektrárna Dukovany II, et KHNP pour la construction d'un ou plusieurs réacteurs nucléaires à la centrale de Dukovany.
« L'interdiction est en vigueur jusqu'à la fin de la procédure devant le tribunal régional », indique la juridiction dans un communiqué de presse publié sur son site. Le tribunal justifie sa mesure provisoire par « le préjudice grave dont était menacé [EDF] », qui « perdrait irrémédiablement la possibilité de remporter le marché public » si le contrat était conclu, même en cas de victoire judiciaire, est-il précisé. L'entreprise sud-coréenne a toutefois la possibilité de faire appel de cette mesure en introduisant un pourvoi en cassation.