Après le Conseil européen tendu qui s’est terminé vendredi au petit matin, Benjamin Haddad, ministre chargé de l’Europe, se félicite des décisions qui y ont été prises, que ce soit le report de l’accord avec le Mercosur ou le financement du prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine.
LA TRIBUNE DIMANCHE – Le report de la signature de l’accord commercial avec le Mercosur est-il une victoire pour la France ?
BENJAMIN HADDAD – Oui, et le Conseil européen de cette semaine constitue une double victoire diplomatique car il y a aussi eu l’accord sur le financement du prêt à l’Ukraine. Sur le Mercosur, la France a gagné son bras de fer. Nous considérions qu’avec l’accord présenté le compte n’y était pas. Le président de la République a toujours formulé trois exigences pour protéger nos agriculteurs. D’abord, une clause de sauvegarde qui permet d’arrêter les importations quand elles perturbent une filière ou un marché. Ensuite, la réciprocité dans les normes, c’est-à-dire qu’on ne peut pas laisser entrer des produits en Europe qui utilisent des pesticides ou des additifs alimentaires ne respectant pas les normes imposées à nos propres agriculteurs. Enfin, il faut renforcer les contrôles sur les produits qui entrent chez nous.