Pour le moment, le gouvernement a réussi à éviter le pire. En ce début des vacances de fin d’année, les routes françaises ne seront pas massivement bloquées par les agriculteurs, mobilisés depuis une semaine contre la politique sanitaire de l’État face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans les élevages bovins, et contre le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. L’annonce, jeudi 18 décembre, d’un report de la signature de cet accord, puis celle, vendredi 19, de rendez-vous organisés par le Premier ministre avec tous les syndicats agricoles ont permis d’apaiser les esprits.
L’absence de nouveaux foyers de dermatose nodulaire contagieuse et le bon avancement de la vaccination en Occitanie ont surtout rassuré les éleveurs. Tous les syndicats agricoles – sauf la Confédération paysanne, minoritaire –, bien que déçus par les promesses de l’exécutif, ont plus ou moins explicitement appelé à une trêve de Noël. Même la Coordination rurale, aux méthodes les plus musclées, a invité ses sections locales à la « bienveillance » vis-à-vis des Français souhaitant partir en vacances, ainsi qu’à « se reposer » quelques jours avant de reprendre le combat.
Entre vendredi 19 et samedi 20 décembre, les agriculteurs ont donc en majorité regagné leurs exploitations, parfois invités par les forces de l’ordre. Ces dernières ont d’ailleurs usé du « tact » et de la « souplesse » prônés vendredi après-midi par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, lors d’un appel à « la responsabilité des uns et des autres » pour respecter les « compatriotes qui vont partir en congés ». Les nouveaux rendez-vous promis par Sébastien Lecornu aux syndicats dès la première semaine de janvier fixent un horizon.