Malgré les mesures de rétorsion décidées par la Chine, le Japon n’a pas l’intention de renoncer à son alliance avec Taïwan.La colère n’est toujours pas retombée à Pékin. Quinze jours après le début de la crise ouverte qui l’oppose au Japon, la Chine a porté vendredi le contentieux devant les Nations unies. Elle y a accusé la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, d’avoir commis « une grave violation du droit international » et des normes diplomatiques. Le 7 novembre, la toute nouvelle dirigeante nipponne avait affirmé qu’une attaque chinoise contre Taïwan pourrait justifier une réponse militaire de son pays.
Depuis, le régime communiste multiplie les mesures de représailles. Il a d’abord déployé ses garde-côtes autour des îles disputées avec son voisin puis suspendu l’importation des produits japonais issus de la mer. Cette semaine, c’est son ambassade à Tokyo qui, à travers WeChat, l’un des principaux réseaux sociaux de l’empire du Milieu, a diffusé un inquiétant message informant les Chinois que leur sécurité était fortement menacée au Japon. En seulement trois jours, les voyageurs chinois auraient annulé 500.000 billets d’avion en direction de l’archipel.
Face à ces offensives, Sanae Takaichi n’a fait qu’un demi-pas en arrière en expliquant qu’à l’avenir elle éviterait tout commentaire sur des scénarios hypothétiques. Pour autant, elle n’a pas retiré un mot de sa déclaration du 7 novembre.
« C’est la première fois qu’un dirigeant japonais répond avec autant de détails à l’hypothèse d’une attaque contre Taïwan », analyse William Chou, directeur adjoint du programme Japon au sein du think thank américain Hudson Institute. Depuis une révision constitutionnelle de 2015, les forces d’autodéfense japonaises peuvent intervenir pour soutenir un allié si elles estiment que le pays est menacé. « Un conflit autour de Taïwan a toujours été la circonstance la plus probable de l’invocation de cette mesure », précise le chercheur.