Aux États-Unis, le jour de Thanksgiving, qui cette année est célébré le 27 novembre, est celui où l’on prend le temps de remercier son prochain, de lui signifier sa gratitude. Est-ce par pur cynisme ou par un simple hasard du calendrier que Donald Trump a fixé cette date butoir à Volodymyr Zelensky pour qu’il valide le plan de paix que lui a soumis son administration ?
Concocté par l’émissaire spécial de Trump, Steve Witkoff, et l’homme d’affaires russe Kirill Dmitriev, ce projet en 28 points épouse largement les positions maximalistes formulées par le Kremlin depuis des mois. Il prévoit, entre autres, que Kiev cède non seulement les zones actuellement sous la coupe de Moscou mais aussi celles du Donbass qui sont encore sous contrôle ukrainien.
En échange de garanties de sécurité encore bien floues, le texte limite aussi la taille de l’armée ukrainienne à 600 000 hommes (contre 800 000 aujourd’hui), interdit à Kiev d’adhérer à l’Otan et empêche tout déploiement de troupes de l’Alliance sur le territoire ukrainien. Signe que le Kremlin tenait bien le stylo pendant sa rédaction, le plan exige que « toute idéologie et activités nazies doivent être rejetées et interdites » par l’Ukraine.
En l’état, le texte est bien sûr inacceptable pour le président ukrainien. Il l’a d’ailleurs signifié immédiatement. Mais il sait par expérience qu’il ne faut pas froisser son homologue américain et se doit donc de discuter. Samedi 22 novembre, il a, par décret, formé une délégation qui sera chargée de participer « au processus de négociation avec les États-Unis et d’autres partenaires internationaux de l’Ukraine, ainsi qu’avec des représentants de la Russie ». Elle se rendra dès dimanche à Genève, en Suisse, pour entamer des pourparlers avec le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, et l’inamovible émissaire de Trump, Steve Witkoff.