Plus de 800 drones et missiles ont visé l'Ukraine dans la nuit de samedi à dimanche. À Kiev, le toit du siège du gouvernement a pris feu. Au moins cinq personnes ont été tuées. Moscou revendique de nouveaux gains territoriaux, tandis que l'Europe dénonce des frappes « indiscriminées ».
La guerre en Ukraine a franchi un nouveau seuil. Dimanche, le siège du gouvernement à Kiev a été partiellement incendié après une attaque aérienne russe d'une ampleur inédite, impliquant plus de 800 drones et missiles.
Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a tiré 810 drones et 13 missiles, dont 747 et quatre ont été interceptés. Un bilan qui en fait la plus grande attaque aérienne depuis le début de l'invasion en février 2022. Au moins cinq personnes ont été tuées, dont une jeune femme et son bébé de deux mois dans la capitale, et plus d'une vingtaine blessées.
« Pour la première fois, le toit et les étages supérieurs du siège du gouvernement ont été endommagés à cause d'une attaque ennemie », a confirmé la Première ministre Ioulia Svyrydenko. Les pompiers sont parvenus à maîtriser l'incendie. Plusieurs immeubles résidentiels ont également été touchés à Kiev.
Macron dénonce des frappes menées« de manière indiscriminée »
L'armée russe affirme avoir visé des « sites du complexe militaro-industriel ukrainien et des infrastructures de transport ». Pour la Première ministre ukrainienne, « le monde doit répondre à cette destruction non seulement par des mots, mais par des actions », en réclamant sanctions accrues et livraisons d'armes.
À Paris, Emmanuel Macron a dénoncé des frappes menées « de manière indiscriminée » qui traduisent l'« enfermement de la Russie dans la logique de guerre et de terreur ». La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a, elle aussi, condamné un Kremlin qui « tue sans discernement ».
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Sur le front, l'armée russe a revendiqué dimanche la prise d'une nouvelle localité dans la région de Dnipropetrovsk, dans le centre du pays. Moscou contrôle désormais environ 20 % du territoire ukrainien. L'Ukraine a annoncé en représailles des frappes sur une usine dans la région russe de Briansk et une raffinerie dans celle de Krasnodar, dans le sud.
Des négociations bloquées
Cette nouvelle escalade intervient alors que les efforts diplomatiques piétinent. Donald Trump a reçu en août Vladimir Poutine en Alaska, puis Volodymyr Zelensky et plusieurs dirigeants européens à Washington. Mais les positions de Moscou et Kiev restent irréconciliables.
Vingt-six pays, réunis jeudi à Paris, ont réaffirmé leur engagement à garantir la sécurité de l'Ukraine après une éventuelle fin des hostilités. Moscou a déjà prévenu qu'un déploiement de militaires occidentaux ferait de ces soldats des « cibles légitimes ». Donald Trump a indiqué qu'il devait s'entretenir de nouveau avec Vladimir Poutine « prochainement ».