Au terme d’un dimanche très protocolaire au cours duquel il rencontrera le président libanais, Joseph Aoun, puis son Premier ministre, Nawaf Salam, le pape présidera demain une rencontre œcuménique et interreligieuse sur la place des Martyrs, au centre de la capitale. Mardi matin, il participera à une prière silencieuse sur le lieu de l’explosion du port de Beyrouth qui a fait 235 morts le 4 août 2020. Après la messe célébrée sur le front de mer, il regagnera Rome dans l’après-midi.
Patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient, le cardinal Bechara Boutros Rahi décrypte les enjeux d’un voyage à haut risque dans un pays où, un an après le cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël, l’État hébreu poursuit ses raids aériens contre ce qu’elle affirme être des arsenaux ou des chefs de la milice chiite. Il y a une semaine, un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth a tué un haut responsable du Hezbollah et fait quatre autres morts. À Gaza, malgré la trêve du 10 octobre, des frappes israéliennes ont tué des dizaines de civils palestiniens.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Comment les Libanais se préparent-ils à accueillir Léon XIV ?
Tout le Liban est en fête ! Cet après-midi, à l’heure où le pape arrivera à Beyrouth, toutes les cloches des églises du pays sonneront cinq minutes en signe de bienvenue. Dans les paroisses, nous organisons trois jours de prières pour célébrer sa visite. Les Libanais attendent le pape, messager de la paix, avec joie. Souvenez-vous de son premier discours au soir de son élection, le 8 mai dernier, prononcé de la loggia de Saint-Pierre de Rome : « Que la paix soit avec vous tous ! […] Une paix désarmée et désarmante. » C’est ce message de paix et d’espérance qu’il nous apporte aujourd’hui à Beyrouth pour redonner confiance au pays.