Léon XIV, un Pape entre continuité et ruptures
Philippe d’Indevillers
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Le pape Léon XIV sur la place Saint-Pierre, au Vatican, le 30 juillet 2025.
LTD/Alberto PIZZOLI/AFP
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Le pape Léon XIV sur la place Saint-Pierre, au Vatican, le 30 juillet 2025.
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Léon XIV célébrera ce dimanche matin à 9 heures la grand-messe du Jubilé des jeunes à Tor Vergata, en banlieue de Rome. Un rendez-vous très attendu par les 500.000 pèlerins venus de 146 pays (dont 20.000 Français) qui commencent à faire connaissance avec lui. Le pape ne leur a-t-il pas demandé, dans une ambiance survoltée, ce mardi 29 juillet au soir sur la place Saint-Pierre, de répéter « Nous voulons la paix dans le monde » ?
Douze semaines après son élection le 8 mai, Robert Francis Prevost profitera-t-il de l'enthousiasme des jeunes pour se départir de la réserve dont il a fait preuve jusqu'à présent ? Le contraste avec François, dont la spontanéité et le sens des formules crevaient l'écran, est saisissant. Révélatrice à cet égard : l'attitude si différente des deux papes face aux migrants.
Le 8 juillet 2013, Jorge Mario Bergoglio, élu depuis moins de quatre mois, réserve son premier voyage à l'île de Lampedusa, porte d'entrée des Africains en Europe : lançant une couronne de fleurs à la mer, il dénonce la « mondialisation de l'indifférence » face au drame de ces malheureux qui se noient dans la Méditerranée. Aussitôt, les images font le tour du monde. Le 25 juillet dernier, le message adressé par son successeur aux migrants, « messagers d'espérance », est pratiquement passé inaperçu dans les journaux.
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« Léon XIV n'imprime pas et ne cherche pas à imprimer ! s'exclame Bernard Lecomte*. À la différence des politiques, il résonne sur le long terme. » Ancien directeur de L'Osservatore romano, le quotidien du Vatican, l'historien Giovanni Maria Vian** enchaîne : « Robert Francis Prevost veut faire passer le message sans s'interposer lui-même. Pour lui, c'est le texte qui compte. Après un pontificat marqué par la forte personnalisation de François, nous retrouvons une forme plus classique de papauté. » Dans les couloirs du Vatican, on ne dit pas autre chose : « C'est un homme pragmatique qui observe et écoute avant de décider. Ce n'est pas un impulsif. »
Philippe d’Indevillers