L’urgence de sauver le Liban. La chronique de François Clemenceau
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Découvrez la chronique de François Clemenceau.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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La diplomatie ne se résume pas à des visites officielles au plus haut niveau. Mais est-ce un hasard si aucun président des États-Unis ne s’est rendu au Liban depuis son indépendance en 1943 ? Il fut un temps où les secrétaires d’État faisaient le voyage de Beyrouth pour indiquer que le sort de ce petit pays du Proche-Orient, miné par les guerres entre le Hezbollah pro-iranien et Israël, ne leur était pas indifférent.
Mais cela fait maintenant sept ans qu’aucun chef de la diplomatie américaine n’a mis les pieds sur place. Cela ne veut pas dire que les Américains ne font rien du tout au Liban. Mais la vérité oblige à dire qu’ils préfèrent voir Israël parvenir à des résultats purement sécuritaires avec son voisin du Nord plutôt que de s’impliquer eux-mêmes dans une solution durable.
On peut le comprendre tant Beyrouth, pour les complets gris et les treillis de Washington, rime avec déroute. En 1983, alors que la France perdait 58 de ses soldats dans l’attentat dit du Drakkar, 241 US Marines de la force multinationale de stabilisation sont morts dans cette même attaque.
L’année suivante, le chef de la station locale de la CIA, William Buckley, fut enlevé par le Hezbollah, torturé et déclaré mort après quatorze mois de captivité. Depuis, les Israéliens ont envahi le Liban-Sud par trois fois. Plus ou moins longuement et profondément mais avec à chaque fois le même objectif de créer une zone tampon qui mette les zones d’habitation israéliennes à l’abri des tirs de roquettes et de missiles. En vain.