Lorsqu’il officiait à l’ONU, notamment en tant qu’émissaire en Libye, les négociations de paix ardues étaient devenues sa spécialité. Aujourd’hui, c’est au cœur du gouvernement libanais, où il occupe le poste de ministre de la Culture, que Ghassan Salamé agit. Alors qu’une trêve fragile est entrée en vigueur 16 avril entre son pays et Israël, il revient sur les défis qui attendent Beyrouth, entre désarmement du Hezbollah et discussions avec Tel-Aviv.
LA TRIBUNE DIMANCHE – En quoi la nouvelle trêve entre Israël et le Liban décrétée jeudi est-elle différente de celles signées par le passé ?
GHASSAN SALAMÉ – On a tendance à la comparer aux arrangements de novembre 2024 qui ont mis fin à la guerre entre le Hezbollah et Israël. Mais il y a des différences. La première est l’implication personnelle du président américain, ce qui n’était pas le cas à l’époque. Et puis, même si Donald Trump insiste pour que le processus libanais soit disjoint de celui qui pourrait être discuté avec l’Iran lundi 20 avril à Islamabad, les deux sont liés. On sait que les États-Unis ne veulent pas donner aux Iraniens un prétexte pour remettre en cause le cessez-le-feu régional.
Ce cessez-le-feu peut-il tenir ?
Nous avons vécu vendredi la première journée quasi normale depuis un mois et demi. Mais il y a eu quelques violations qui indiquent la vulnérabilité de cet accord. Il y a des conditions qui accordent à Israël le droit d’agir, si elle estime être la cible d’un danger imminent. Cela le fragilise.