Le groupe familial français compte un sixième lieu d’exception dans le monde, destiné à refléter le « haut artisanat » du sellier.L’achat s’est décidé en trois jours, en 2009. Mais il aura ensuite fallu dix-sept ans, dont cinq consacrés à une intensive rénovation, qui a mobilisé une cinquantaine d’artisans, avant que soit inaugurée la sixième « maison » d’Hermès dans le monde. Après l’emblématique magasin du 24, rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris, suivis par New York, Tokyo, Séoul et Shanghai, le 166 New Bond Street vient d’accueillir cette semaine ses premiers clients, même si l’un des géants du luxe mondial avait franchi la Manche pour s’installer à Londres dès 1961.
À l’image d’autres sites du groupe, créé en 1837 et toujours contrôlé par les familles fondatrices, le dernier-né, installé au cœur du quartier londonien de Mayfair, ne ressemble en rien à d’autres « flagships » imaginés par des marques concurrentes. Codes, architecture, objets, mobilier, papiers peints, collections privées ou encore œuvres d’art conçues spécifiquement pour l’endroit, tout diffère de concepts désormais plus ou moins standardisés.
Son originalité tient déjà à sa structure. L’ensemble comprend en effet six bâtiments mitoyens, construits vers les années 1770, avant d’héberger le joaillier Asprey à partir de 1847. Avec 55 pièces, sans oublier une cour intérieure et des jardins, réparties sur 2 000 mètres carrés et plusieurs étages, reliées par trois escaliers, quatre ascenseurs (dont un rescapé de l’ère victorienne, confié au seul ingénieur spécialisé capable de le remettre en état), et des hauteurs variées, ce lieu inattendu et classé a été conçu par le cabinet d’architecture RDAI.