Le chef de l’État a adressé une lettre à son homologue pour « demander la levée des sanctions » contre l’ancien commissaire européen ainsi que le magistrat Nicolas Guillou.Emmanuel Macron a écrit la semaine dernière à Donald Trump pour lui demander la levée des sanctions imposées par les États-Unis à l’encontre de plusieurs citoyens européens, dont deux Français, l’ancien commissaire européen Thierry Breton, et le juge à la Cour pénale internationale (CPI), Nicolas Guillou.
« Je vous demande de reconsidérer ces décisions de votre administration et de lever les sanctions injustement imposées à Nicolas Guillou et Thierry Breton », a plaidé le chef de l’État auprès de son homologue américain, dans un courrier que La Tribune Dimanche s’est procuré.
« Les sanctions adoptées contre Thierry Breton portent atteinte à l’autonomie réglementaire européenne et se fondent, de surcroît, sur des analyses erronées : la réglementation numérique européenne n’a, en effet, aucune portée extraterritoriale et s’applique sans discrimination, sur le territoire européen, à toutes les entreprises concernées », y argue Emmanuel Macron, alors que l’ancien commissaire européen est interdit de séjour aux États-Unis depuis le 23 décembre.
Ce dernier s’est vu reprocher la mise en place du règlement sur les services numériques (DSA) afin de défendre la souveraineté européenne face à l’emprise des plateformes américaines.
L’ambassadeur américain convoqué
« Les sanctions adoptées contre Nicolas Guillou portent atteinte au principe d’indépendance de la justice et au mandat de la CPI », assure, dans ce même courrier, le chef de l’État. Depuis août, le magistrat français, comme Thierry Breton, ne peut plus pénétrer sur le territoire américain, mais il se voit surtout privé de tout moyen de paiement et d’accès à des services numériques en tout ou partie américains. Ces mesures de rétorsion ont été décidées après l’émission par la CPI de mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et son ministre de la Défense.