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Climat

Climat : 2025 s’impose comme la troisième année la plus chaude jamais mesurée

latribune.fr

Publié le 12 janvier 2026 à 02:00

A São Paulo, un œuf au plat géant, Th Art Eggcident, installation de l’artiste néerlandais Henk Hofstra, rappelle aux passants le réchauffement climatique.

A São Paulo, un œuf au plat géant, Th Art Eggcident, installation de l’artiste néerlandais Henk Hofstra, rappelle aux passants le réchauffement climatique.

AP/ - REUTERS - AMANDA PEROBELLI

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18 juillet 2026

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Le bilan mondial que s’apprête à publier l’observatoire européen Copernicus devrait révéler des anomalies thermiques extrêmes, notamment en Asie centrale et au Sahel. Cette accélération thermique confirme la trajectoire d'un réchauffement global de + 4 °C d'ici à la fin du siècle.

L’observatoire européen Copernicus s’apprête à dévoiler ce lundi 12 janvier son bilan mondial des événements climatiques marquants de l’année écoulée. Mais une chose est d’ores et déjà connue : 2025 s’inscrira sur le podium des années les plus chaudes de l’histoire, juste derrière 2024 et 2023. Si la moyenne mondiale, intégrant les terres et les océans, témoigne d’une accélération thermique globale, le détail régional de cette année climatique est encore plus alarmant. Selon les calculs réalisés fin décembre par l'AFP, 120 records de températures mensuels ont été battus à travers le monde sur les douze derniers mois.

L’Asie centrale sous une anomalie thermique de + 3 °C

L’Asie centrale constitue le point rouge le plus alarmant de ce bilan. Tous les pays de la zone approchent ou égalent leurs records annuels. Le Tadjikistan subit la situation la plus critique au monde avec des températures s’élevant à plus de 3 °C au-dessus des normales saisonnières de la période 1981-2010. Pour ce pays enclavé, où seulement 41 % de la population disposent d’un accès sécurisé à l’eau potable, la pression climatique est maximale : chaque mois depuis mai, à l’exception de novembre, a battu son propre record historique.

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Cette surchauffe ne s’arrête pas aux frontières tadjikes. Le Kazakhstan, l’Iran et l’Ouzbékistan affichent des écarts compris entre deux et trois degrés au-dessus des moyennes. Ces nations, souvent moins équipées pour le suivi météorologique précis que les pays occidentaux, font face à une transformation profonde de leur environnement immédiat.

Le Sahel face à une vulnérabilité extrême

En Afrique de l’Ouest et au Sahel, la hausse des températures atteint des niveaux rarement observés sous ces latitudes. Au Mali, au Niger, au Nigeria, au Burkina Faso et au Tchad, l’anomalie thermique oscille entre 0,7 et 1,5 °C. Le Nigeria vient de traverser l’année la plus chaude de son histoire, tandis que ses voisins enregistrent l’un de leurs quatre pires bilans thermiques.

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Le réseau World Weather Attribution (WWA) souligne que ces épisodes de chaleur extrême sont désormais dix fois plus probables qu’en 2015. Pour ces territoires déjà fragilisés par des conflits armés, une insécurité alimentaire chronique et une pauvreté structurelle, ce basculement climatique agit comme un multiplicateur de crises. La rapidité du réchauffement dans ces zones dépasse les capacités d’adaptation actuelles.

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L’Europe entre étés brûlants et automnes tropicaux

Le Vieux Continent n’échappe pas à cette dynamique, porté par un été hors norme. Une dizaine de pays européens frôlent ou dépassent leurs sommets historiques annuels. La Suisse et les Balkans ont enduré des températures estivales supérieures de deux à trois degrés aux normales. En Espagne et au Portugal, cette chaleur extrême a servi de combustible à des incendies gigantesques. Outre-Manche, le Royaume-Uni a vécu son pire été, couplé à une pénurie d’eau majeure provoquée par le printemps le plus sec depuis plus d’un siècle.

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Le nord de l’Europe, bien que préservé des canicules de juin, a connu un automne d’une douceur anormale. Pour la Norvège, la Suède, la Finlande et l’Islande, 2025 devrait se classer parmi les deux années les plus chaudes depuis le début des relevés.

La France s’installe dans un nouveau régime thermique

Dans l’Hexagone, le constat de Météo-France rejoint la trajectoire globale. 2025 se hisse au 3e ou 4e rang des années les plus chaudes depuis 1900, avec une température moyenne de 14 °C, soit 1 °C de plus que la normale 1991-2020. Le déséquilibre est frappant : les records de chaleur ont été dix fois plus fréquents que les records de froid.

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Sans l’influence du dérèglement anthropique, ces deux statistiques devraient s’équilibrer. Un tiers du territoire français a enregistré un record de chaleur nocturne ou diurne au moins un mois dans l’année. Les conséquences directes se lisent déjà dans les chiffres de la Sécurité civile : 30 000 hectares ont brûlé en 2025, soit 2,5 fois la moyenne des quinze dernières années.

Vers un réchauffement à + 4 °C

Si 2025 apparaît aujourd’hui comme une année exceptionnellement chaude, les projections de Météo-France indiquent qu’elle sera considérée comme une année « moyenne » en 2050, et même comme une année « fraîche » à l’horizon 2100. Sur la période 2016-2025, le réchauffement moyen en France atteint déjà + 2,2 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

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Les modèles Tracc (Trajectoires de réchauffement pour l’adaptation au changement climatique) prévoient une hausse de + 2,7 °C d’ici à 2050 et jusqu’à + 4 °C d’ici la fin du siècle si les émissions ne sont pas drastiquement réduites. Cette perspective a poussé le gouvernement à formaliser le plan Pnacc-3, visant à préparer les infrastructures et l’agriculture à des épisodes de sécheresse prolongée, comme celle qui a touché 30 % du pays entre mai et août cette année.

(Avec AFP)

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