Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur : « Le feu sera long à combattre »
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Laurent Nuñez nous a reçus le 24 juillet.
LTD / Sébastien Leban
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Laurent Nuñez nous a reçus le 24 juillet.
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Alors qu’Emmanuel Macron a déclaré : « Nous reconstruirons, nous réparerons et nous serons présents aussi longtemps qu’il le faudra », le premier flic de France explique sa stratégie pour lutter contre les incendies et aborde sans détour les autres dossiers difficiles de l’été.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Comment comprendre que les pompiers aient tant de mal à fixer un feu comme celui de la Gironde ?
LAURENT NUÑEZ — D’abord, il est important de noter que nous avons énormément de départs de feu un peu partout sur le territoire national, 12.845 depuis janvier. Nous en traitons plusieurs dizaines par jour. Dans 95 % des cas, ils sont circonscrits par des moyens terrestres et ne parcourent pas plus de 1 ou 2 hectares. Mais cette année, plusieurs phénomènes se conjuguent : la sécheresse, la canicule, une végétation abondante à la suite des pluies de 2025 et le vent. Quand il y a des départs de feu, ça prend très vite. D’où la nécessité d’intervenir le plus rapidement possible.
Dans le Sud-Ouest, nous avons un facteur aggravant avec des feux dits convectifs : ils créent leur propre masse d’air, leur propre vent, ils s’auto-alimentent, peuvent changer de direction, indépendamment des vents, et surtout ils vont beaucoup plus vite. En Gironde, dans l’après-midi de vendredi, entre 800 et 1 000 hectares ont brûlé en une heure. Il faut comprendre que le feu a fait des bonds, parfois se projetant jusqu’à 1 kilomètre plus loin.