Sibyle Veil : « Le rapport sur l’audiovisuel public passe à côté des véritables sujets ! »
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Sibyle Veil, PDG de Radio France
Alexandre ISARD / PASCO&Co pour LTD
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Sibyle Veil, PDG de Radio France
Alexandre ISARD / PASCO&Co pour LTD
Six mois de travaux, 234 personnes interrogées, et 551 pages dévoilées en début de semaine, mardi 5 mai. Réactions et décryptage de la PDG de Radio France, Sibyle Veil.
LA TRIBUNE DIMANCHE – Pourquoi ne pas avoir pris la parole mardi, tout de suite après la publication du rapport ?
SYBILE VEIL – J’ai pris le temps de lire et de mesurer l’implication des propositions. Je n’avais pas vocation à faire son « service après-vente » et à nourrir le bruit médiatique, je veux parler du fond. Or ce rapport passe malheureusement à côté des véritables sujets. Il offre une vision datée de notre secteur sans prise en compte des grands bouleversements technologiques en cours, c’est regrettable.
Parmi les principaux sujets occultés : le droit à une information sécurisée à l’heure des ingérences étrangères et de l’IA, ou la question de l’identité culturelle face aux grandes plateformes mondialisées. Je lance donc dans vos colonnes un appel aux futurs candidats à la présidentielle : ce rapport ne peut pas être le socle de vos réflexions sur l’audiovisuel public ni le mètre étalon d’un projet d’avenir !
Pensez-vous, comme le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), que l’objectif était de « préparer les esprits à la privatisation » souhaitée par le RN ?
Cela a surtout conduit à élargir la fenêtre d’Overton et à crédibiliser l’idée qu’il y aurait un problème avec le service public. C’est faux, il suffit de regarder les résultats de Radio France, qu’on nous envie. Ça sert effectivement ceux qui veulent le privatiser – mais on a constaté qu’il n’y avait pas de consensus –, l’asphyxier budgétairement ou le mettre sous tutelle. Car ce qui ressort principalement, c’est un recul considérable de l’indépendance des médias publics.