Plus de 46,6 milliards d'euros en un an : l’industrie financière mise à nouveau sur la défense
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Photographie d'illustration.
LTD / Shutterstock / Mehaniq
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Un gouffre. Un véritable gouffre sépare les déclarations de la ministre des Armées, Florence Parly en juillet 2021 de celles de Catherine Vautrin en avril 2026. Mais durant cette période, un monde nouveau déchiré par une conflictualité brutale a surgi dans un monde interdépendant. Il y a cinq ans, lors des Rencontres économiques d’Aix, en juillet 2021, Florence Parly s’indignait à raison. Elle trouvait « choquant » d’entendre dire que les activités de défense ne devaient « pas être financées par les organisations financières et les banques, au même titre que les activités pornographiques », en raison des critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance). Critères repris à la lettre par le secteur financier européen, qui avait mis au ban – ou presque – l’industrie de l’armement pour l’obtention de financements.
En avril 2026, le changement de ton est radical de la part de Catherine Vautrin à l’École militaire : « Notre première arme ne serait-elle pas l’usine ? », interroge-t-elle, frondeuse, devant une assemblée composée de nombreux représentants du système financier.
Il aura fallu une guerre sur le sol européen, les foucades incontrôlables d’un président américain et une forte mobilisation des pouvoirs politiques français pour faire comprendre que l’écosystème de défense était l’un des remparts contre le retour des États-puissances désinhibés, voire des empires. « Pour être libre, il faut être craint, pour être craint il faut être puissant », avait rappelé en début d’année Emmanuel Macron. Et pour être puissant, il faut donner les financements nécessaires à l’industrie de l’armement, qu’elle puisse investir dans de nouvelles capacités industrielles. « La défense n’est plus un secteur à part, mais un investissement économique structurant, au cœur de la souveraineté, de l’innovation et de l’emploi », a d’ailleurs rappelé la ministre à l’École militaire.
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