La fin du quoi qu’il en coûte ? La chronique de Marc Fiorentino

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond

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J’ai trouvé une bonne nouvelle. Et dans le contexte actuel, ce n’est pas une mince affaire. Pour la première fois depuis le Covid, les gouvernements ne se précipitent pas pour distribuer des aides massives pour compenser les effets d’une crise. Pas de plan de relance, pas de plan de « résilience », pas de boucliers tarifaires. Même la France, si prompte à distribuer des aides à la moindre intempérie sur l’économie, hésite. Malgré les manifestations et les protestations.
Il ne s’agit pas d’une volonté courageuse mais, pour une fois, il semble que nous n’ayons plus le choix. Cela fait des années que la grande majorité des pays développés n’a pas les moyens de dépenser de l’argent qu’elle n’a pas. Mais les États le faisaient tout de même et bénéficiaient d’une relative impunité.
Qu’est ce qui a changé avec la guerre en Iran ? Deux éléments. Tout d’abord le niveau record d’endettement. Le FMI a annoncé que la dette publique mondiale atteindra les 100 % du PIB d’ici à 2029. Soit deux ans plus tôt qu’initialement prévu. La France, elle, fait depuis longtemps partie du club très fermé des pays dont la dette a dépassé les 100 % du PIB. Avec 115 %, nous côtoyons la Grèce, l’Italie ou encore le Japon.
L’autre contrainte vient surtout des marchés financiers. Ils ont poussé les taux d’emprunt des États à la hausse. Surtout pour les pays européens que les Anglo-Saxons appellent maintenant les BIFs. La Grande-Bretagne, l’Italie et… la France. BIF c’est moins humiliant que les Pigs de la crise de l’euro (Portugal, Italie, Grèce, Espagne) mais ce n’est pas glorieux non plus.
Avec des taux d’emprunt à dix ans qui ont frôlé dangereusement les 4 % au plus fort de la guerre en Iran, le message des investisseurs internationaux est aussi clair que celui du FMI : vous n’avez plus de marge de manœuvre pour une nouvelle vague de « quoi qu’il en coûte ». Le « quoi qu’il en coûte » mis à l’honneur après le Covid et que des pays comme la France ont prolongé au-delà du raisonnable. À toute occasion. Pour tout. Et n’importe quoi. Avec de l’argent qui était de moins en moins « magique ».
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Nous ne sommes pas encore, malheureusement, dans une situation de tension financière qui nous obligerait, enfin, à nous attaquer courageusement au dérapage massif des dépenses publiques : l’objectif de déficit pour 2026 est de 5 % du PIB, une baisse extrêmement modeste par rapport aux 5,1 % de 2025 et un niveau encore aberrant par rapport aux autres pays de la zone euro.
Mais nous ne bénéficions plus, du fait de la hausse des taux, d’un chèque en blanc. Est-ce la fin du « quoi qu’il en coûte » ? Il faut l’espérer, même si l’explosion des dépenses militaires risque encore de peser sur nos budgets.
Pour le FMI, l’objectif principal des pays développés doit être encore, malgré la crise actuelle, de s’attaquer aux déficits budgétaires. Un vœu pieux surtout pour la France, qui a un gouvernement condamné à l’immobilisme jusqu’aux élections de 2027. Espérons néanmoins que la vigilance des marchés financiers nous évite de refaire les mêmes erreurs que par le passé. On a encore le droit de rêver.
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