Les investisseurs saluent la trêve. La chronique financière de Marc Fiorentino

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond

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Encore une semaine incroyable sur les marchés financiers ! Après plus de cinq semaines de tension et de stress, l’annonce d’une trêve à quelques minutes de la fin de l’ultimatum de Trump a provoqué un véritable feu d’artifice dans la journée de mercredi avec des records de variation pulvérisés.
Regardons en détail les marchés qui ont réagi à l’annonce. Sans surprise, le pétrole a mené la danse. Il a plongé de 16 %, revenant largement en dessous des 100 dollars, une chute qu’on n’avait pas connue depuis la pandémie. Le gaz a suivi. L’euphorie s’est instantanément propagée sur les indices boursiers, qui ont flambé de près de 5 % en Europe et en Asie, et de près de 3 % aux États-Unis.
Autre variation significative – car vous le savez maintenant, l’évolution des taux d’intérêt est essentielle pour votre argent –, les taux d’emprunt d’État à dix ans ont chuté de 0,25 % dans les pays développés. Quant au dollar, il a rechuté, perdant momentanément son rôle de valeur refuge, avec un euro proche de 1,17 dollar alors que l’or reprenait le chemin de la hausse, autour des 4.800 dollars l’once.
Nous avons donc vécu une belle journée d’exubérance. Et maintenant ? C’est évidemment la question à plusieurs centaines de milliards de dollars ou d’euros. Que va-t-il se passer ? On entend déjà des commentaires d’esprits chagrins qui pensent que les investisseurs s’enthousiasment trop rapidement alors qu’il ne s’agit que d’une trêve et pas d’un accord de paix. Ce n’est pas faux. Tout peut encore déraper. Et en ce mois d’avril, il est peut-être prématuré de se découvrir d’un fil.
Mais la réaction des marchés cette semaine peut convaincre Trump d’arrêter cette guerre. Il l’a rappelé lui-même lors de la conférence de presse de lundi dans laquelle il a menacé de ramener l’Iran à l’âge de la pierre : « Je suis un businessman. » Déclaration surprenante pour un président des États-Unis. Mais c’est vrai, Donald Trump est un businessman. Il veut faire des deals.
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Des deals profitables pour les États-Unis, pour les Américains (et, accessoirement, pour lui…). Et il sait que le sujet du pouvoir d’achat sera central lors des élections de mi-mandat en novembre. Or, dans la seule journée de mercredi, les marchés ont redonné un boost de pouvoir d’achat aux ménages américains : la baisse du pétrole pour le prix de l’essence, la hausse des Bourses pour l’effet richesse sur l’épargne, et la baisse des taux d’intérêt pour les crédits. Pour arriver à ses fins, il pourrait se contenter d’un deal à la vénézuélienne en laissant en place le pouvoir iranien, ou ce qu’il en reste, mais avec un contrôle indirect sur les ressources pétrolières du pays et un accord sur le détroit d’Ormuz.
Une trêve n’est certes pas un accord de paix définitive. Mais les marchés ont jugé que c’était un pas dans la direction de la fin de la guerre en Iran. Et si cette guerre s’arrête, les craintes de reprise d’inflation durable vont disparaître et l’impact négatif sur la croissance sera limité et passager. Il ne nous reste plus qu’à attendre patiemment la suite des événements.