Il est urgent d’attendre. La chronique financière de Marc Fiorentino

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/DR

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Les banques centrales sont perdues. Face à la guerre en Iran et à la crise du pétrole, elles ne savent pas quoi faire. On a eu cette semaine réunions et déclarations. De la Banque centrale européenne. Du patron de la FED, la banque centrale américaine, Jerome Powell. On a pu percevoir une nervosité certaine et des hésitations sur la politique monétaire.
On se rappelle la phrase célèbre du Président de l’époque de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, au début des années 2000 : « Si vous m’avez compris, c’est que je me suis mal exprimé ». Les dirigeants actuels des banques centrales ont appliqué à la lettre cette maxime. Et on comprend leur désarroi. Et leur réticence à se prononcer avec certitude.
Ils ne veulent pas, surtout dans le cas de la BCE, répéter les erreurs du passé qui avaient consisté à déclarer qu’il n’y avait pas d’inflation alors qu’on avait tous les signes d’un retour de l’inflation, puis que l’inflation était temporaire alors qu’elle s’installait et enfin à la déclarer durable alors qu’elle devenait temporaire.
Face à la crise actuelle le mot d’ordre est donc « wait and see ». Et c’est déjà une sage décision. Agir dans la précipitation aurait des conséquences néfastes sur l’économie, sur les taux d’intérêt et sur votre argent.
On comprend que les banques centrales soient partagées. Il y a d’un côté l’impact de la hausse des cours du pétrole sur les indices de prix et sur l’inflation. Qui pousse déjà certains membres à militer pour une hausse des taux.
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Mais il y a d’autre part l’impact de la même hausse des cours du pétrole, de la hausse des taux à long terme et du climat d’incertitude sur la consommation des ménages et les investissements des entreprises. Un impact qui peut plomber la reprise espérée de la croissance en zone euro et la « résilience » de la croissance américaine. Si les banques centrales relèvent les taux, elles risquent de précipiter le ralentissement de la croissance. Un dilemme donc.
Rajoutez à cela les fluctuations brutales de l’euro et du dollar qui compliquent encore plus la tâche de nos grands décideurs.
Avant la guerre en Iran, la tendance était à la baisse des taux d’intérêt. Surtout aux États-Unis avec la nomination du remplaçant de Jerome Powell en mai, un remplaçant sous la pression d’un Donald Trump qui veut des « jumbo cuts », des baisses massives de taux pour relancer l’économie.
La guerre en Iran vient brouiller les cartes. Mais les banques centrales ont raison de ne pas paniquer. Comme nous l’avons expliqué, tout va dépendre de la durée du conflit.
Si le conflit s’arrête d’ici quelques semaines, l’impact sur les prix sera limité et la désinflation reprendra son cours. C’est mon scénario.
S’il s’enlise comme le prédisent beaucoup de commentateurs, particulièrement en Europe, l’inflation peut s’installer et nécessiter des actions des banques centrales.
Il est donc urgent d’attendre pour les banques centrales et de ne pas céder, encore une fois, à la panique. Les décisions à venir des banques centrales seront déterminantes pour la gestion de votre patrimoine et pour votre allocation d’actifs.