Quand Taïwan cristallise les tensions entre la Chine et les États-Unis
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Dans les rues de Taïwan lors de la rencontre de Xi Jinping et Donald Trump à Pékin le 18 mai.
LTD/RITCHIE B. TONGO/EPA/MAXPP
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Dans les rues de Taïwan lors de la rencontre de Xi Jinping et Donald Trump à Pékin le 18 mai.
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Le message était sans ambiguïté. « La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre [la Chine et les États-Unis] pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit », a averti Xi Jinping à Donald Trump lors d’une rencontre à Pékin le 18 mai dernier. Le lendemain, le président américain assurait ne pas souhaiter que l’île démocratique proclame son indépendance.
À elle seule, cette séquence résume la place centrale de Taïwan dans la rivalité entre les deux premières puissances mondiales. Pour Pékin, son rattachement est un impératif historique et politique. Pour Washington, sa préservation constitue un enjeu stratégique majeur dans l’Indo-Pacifique.
Depuis 1979, les États-Unis reconnaissent officiellement la République populaire de Chine, mais ils n’ont jamais rompu leurs liens avec Taipei. « Ils se sont engagés, au travers d’une loi, à ce que les Taïwanais aient les moyens de se défendre face à la Chine, en leur vendant notamment des armes », rappelle Valérie Niquet, spécialiste de l’Asie à la Fondation pour la recherche stratégique et auteure de Taïwan face à la Chine : Vers la guerre ? Les clés pour comprendre (Tallandier). Cette ambiguïté diplomatique place l’île dans une position unique : officiellement isolée sur la scène internationale, mais soutenue par la première puissance militaire mondiale.
Pour Pékin, la question taïwanaise dépasse le simple enjeu territorial. « La République de Chine s’est réfugiée en 1949 à Taïwan après la victoire des communistes, récupérer Taïwan c’est, selon le récit chinois, parachever la guerre civile », explique Valérie Niquet.