ENTRETIEN — De McEnroe à Connors, de Federer à Nadal en passant par Kouamé : les deux auteurs échangent sur ceux et ce qui les fait vibrer. Wimbledon démarre ce lundi 29 juin.Le deuxième mardi de Roland-Garros, début juin, Laurent Binet a rejoint Luis Torres de la Osa dans un café du nord de Paris. Leur première rencontre datait de la veille, à l’occasion d’une soirée théâtre-tennis. Entre l’auteur du Dictionnaire amoureux du tennis (Plon) et celui de Du revers (Métailié), l’échange a commencé fort. Adolescent, l’Espagnol a été un grand espoir de son pays. Son texte raconte une relation compliquée avec la balle jaune, métaphore existentielle subtile. Le lauréat du prix Interallié 2015 pour La Septième Fonction du langage a beaucoup apprécié ce livre, « une merveille » dont il surlignait pour la deuxième fois ses passages favoris quand il nous a rejoints.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Au bout de combien de temps Rafael Nadal s’est-il invité dans votre première conversation ?
LAURENT BINET — Détrompez-vous, on a davantage parlé de Pete Sampras, Michael Stich et Jimmy Connors. John McEnroe est mon dieu vivant mais, plus jeune, c’était Connors. Luis écrit longuement sur son match contre Aaron Krickstein à l’US Open 1991, où il atteint les demi-finales à 39 ans, alors qu’il est tombé autour de la millième place au classement mondial.
LUIS TORRES DE LA OSA — Connors a aussi compté pour moi, mais je suis un peu plus jeune que Laurent, le tennis que j’ai aimé était dominé par Pete Sampras et Andre Agassi. À partir de 1994, j’ai complètement arrêté de jouer. J’avais fini par haïr ce sport, donc je me suis désintoxiqué. La rupture a duré plus de vingt ans. J’ai raté toute la carrière de Roger Federer et de Rafael Nadal, sauf les dernières années. C’est l’écriture du livre qui m’a réconcilié avec le tennis, à l’approche de la quarantaine.