LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous êtes un ancien dirigeant du secteur de la distribution. Pensez-vous que la taxe de 2 euros sur les petits colis, dont ceux provenant de Shein ou Temu, soit suffisante ?
SERGE PAPIN — Elle est en tout cas de nature à pouvoir ralentir le flux de ces colis, qui frôle le milliard chaque année sur le marché français. Nous devons mettre en place cette taxe au plus tôt, car les conséquences de cette envolée massive sur l’activité des commerçants sont dramatiques : 50.000 emplois ont déjà été perdus et l’on compte 10 à 15 % de rideaux baissés. En outre, la tendance s’accélère, alors que les produits expédiés par ces plateformes ne respectent très souvent pas nos normes et peuvent même s’avérer dangereux. Il faut savoir dire non ! Et nous pouvons agir grâce à tous les leviers dont l’État dispose, comme l’illustre l’exemple du BHV, avec la Banque des territoires.
Comment enrayer la fermeture des commerces dans les centres-villes ?
La vie au cœur des villes sera l’un des principaux enjeux des prochaines élections municipales. Il faut y réfléchir, sans bien sûr remettre en cause les progrès effectués dans les mobilités douces et la piétonnisation. Mais les commerçants ont le sentiment que leurs demandes en matière d’accessibilité restent lettre morte, tandis que la disparition des magasins est un déchirement pour nos centres-villes. La mission commandée dans ce domaine par ma prédécesseure, Véronique Louwagie, rendra son rapport dans quelques jours. Ses conclusions définiront mon futur plan d’action.