Les conflits douaniers déclenchés depuis l’an dernier par Donald Trump ont brouillé les repères entre commerce et géopolitique. Le vin français en a de nouveau fait les frais cette semaine : une menace de droits de douane à 200 %, apparue quelques jours avant d’être retirée le 22 janvier, lors du Forum économique mondial de Davos. En Champagne, cet épisode n’a provoqué ni réunion de crise ni revirement stratégique. La filière a adopté une posture : attendre, observer. Dans les vignes et dans les chais, aux alentours de Reims ou d’Épernay, personne n’a feint l’inquiétude.
« Quand il parle de 200 %, on n’y croit pas, reconnaît François Van Aal, président de Champagne Lanson. À ce niveau-là, il n’y aurait plus une seule bouteille vendue. Une bouteille à 250 dollars, c’est irréel. » Avec le temps, la filière a intégré le mode opératoire du milliardaire américain. Des annonces spectaculaires, des revirements rapides et une application très aléatoire de la menace initiale. En mars 2025, Donald Trump avait déjà brandi ses 200 % de droits de douane sur les vins et spiritueux européens, en réponse à l’Union européenne qui annonçait des mesures de rétorsion sur l’acier et de l’aluminium. La taxe Trump s’est finalement établie à 15 %. « Il y a toujours un décalage entre ce qui est dit et ce qui est fait. On regarde la réalité, pas les déclarations », résume François Van Aal.