L’Union européenne a dégainé ce jeudi des représailles à hauteur de 93 milliards d’euros en cas d’échec des négociations commerciales avec les États-Unis. Parmi la liste des marchandises qui seraient taxées en réponse aux droits de douane de Trump, l’Europe a de nouveau ciblé le bourbon américain.L'Union européenne est-elle encore en train de mettre une « cible dans le dos » des vins et spiritueux français, comme le redoutent les représentants du secteur ? Les États européens ont donné ce jeudi 24 juillet leur feu vert à des représailles à hauteur de 93 milliards d'euros, qui s'appliqueraient dès le 7 août si les négociations commerciales avec les États-Unis devaient échouer, ont indiqué des diplomates jeudi.
L'UE a préparé une liste de marchandises américaines qui seraient taxées si les États-Unis de Donald Trump devaient appliquer des droits de douane de 30 % sur les importations européennes, comme ils ont menacé de le faire, à compter du 1er août. Une première liste déjà adoptée à hauteur de 21 milliards d'euros, à laquelle s'est ajoutée une deuxième liste à hauteur de 72 milliards d'euros.
« Ne nous surexposons pas »
L'UE a décidé ce jeudi de fusionner ces deux listes, qui comprennent un très grand nombre de marchandises : soja, avions, voitures... Ou encore le bourbon américain. Une stratégie dangereuse pour Jean-Marie Fabre, président du syndicat des vignerons indépendants, interrogé par La Tribune ce jeudi. « Surtout, ne nous surexposons pas », met en garde le vigneron, qui se dit aligné avec l'ensemble du secteur vins et spiritueux.
« En tout cas, ne commettons pas la même erreur qu'au mois de mars dernier », exhorte Jean-Marie Fabre. Pour rappel, l'UE avait annoncé déjà des droits de douane sur le bourbon américain parmi les contre-mesures aux surtaxes de Donald Trump sur l'acier et l'aluminium. En réponse, le président américain avait alors menacé de droits de douane de 200 % sur les vins, champagnes et alcools français et européens.