Près de la moitié des dirigeants a plus de 60 ans : l’aéronautique au défi de la grande bascule générationnelle
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Alexandre Robardey, 37 ans, président de Sogeclair.
LTD/Rémi Benoit
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Alexandre Robardey, 37 ans, président de Sogeclair.
LTD/Rémi Benoit
C’est une révolution silencieuse au sein de la filière aéronautique. Près de la moitié (44 %) des dirigeants de PME a plus de 60 ans et 15 % plus de 70 ans, d’après une étude de la Banque de France commandée par le Gifas (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales).
«Tous ces chefs d’entreprise vont devoir transmettre leur patrimoine dans la décennie à venir. Sachant qu’une telle opération prend 5 à 7 ans, il faut s’y prendre dès maintenant », alerte Clémentine Gallet, présidente du comité aéro-PME du Gifas et à la tête d’un groupe de travail sur le sujet. « La principale crainte, c’est la lassitude du patron. Arrivé à la soixantaine, il sort de cinq ans de crise et peut, sur un coup de tête, tout bazarder si le chèque est important », ajoute la dirigeante.
Cette vague est accentuée par le rebond de la « supply chain ». « On observe un embouteillage de dirigeants voulant vendre leur société, relève Christian Cornille, président du fabricant de pièces Mecachrome. Beaucoup auraient aimé partir pendant le Covid, mais leur entreprise n’était pas suffisamment valorisée. »
« Aujourd’hui, poursuit-il, la situation s’est améliorée et tout le monde a envie de prendre ses bénéfices, mais il y aura peut-être des déçus. Quand les offres prolifèrent, l’appétit des acheteurs diminue et le nombre de repreneurs n’est pas si élevé ». Le dirigeant remarque que la filière se heurte parfois à des capitaux « intéressés par un retour sur investissement plus rapide que celui observé dans les métiers aéronautiques ».