LA TRIBUNE DIMANCHE – Les estimations indiquent une forte hausse des décès à domicile pendant la dernière canicule. Qu’en est-il pour Domus Vi ?
SYLVAIN RABUEL –Nous sortons à peine de cet épisode de chaleur extrême. Les données globales restent parcellaires, mais à ce stade nous n’avons pas enregistré de phénomène de surmortalité dans nos établissements – ni en France ni à l’étranger. Les Ehpad sont désormais organisés pour faire face à ce type de situation. Ceux du groupe comportent de nombreux espaces climatisés, dont un certain nombre de chambres, tandis que le personnel veille à l’hydratation et à l’alimentation des résidents. C’est en raison de la vulnérabilité de certaines personnes âgées que le choix d’un établissement spécialisé s’impose. Si ces données de mortalité sont confirmées, cela démontrera malheureusement la difficulté de vivre seul à domicile, sans une aide constante à proximité, dans un logement souvent inadapté aux phénomènes climatiques.
La plateforme spécialisée Solalie a enregistré une hausse de 30 % des demandes de placement en Ehpad durant la canicule…
Le secteur du grand âge est en urgence absolue. À partir de 2027, nous entrons dans le tsunami démographique du vieillissement. Cela coïncide avec l’élection présidentielle, alors que ce sujet est totalement absent des débats. En sept ans, nous avons eu huit ministres de l’Autonomie, et autant de reports de la « loi grand âge ». Aucun des candidats déclarés ne place ce défi au cœur de son programme. C’est l’angle mort de la campagne, alors que les chiffres sont implacables : entre 2025 et 2035, selon les projections de l’Insee, la population des plus de 80 ans va doubler, passant de 2 à 4 millions de personnes.