LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous défendez depuis longtemps la souveraineté numérique. Conserverez-vous ce combat en tant que ministre ?
ANNE LE HÉNANFF — La souveraineté numérique sera la ligne directrice de mon action. Les citoyens et les entreprises doivent disposer d’une offre souveraine de services numériques, de technologies et d’infrastructures qui soit innovante, compétitive et alignée sur nos valeurs européennes. Il y a quelques années, parler d’indépendance technologique était tabou. Mais le monde a changé. Au Parlement, toutes les sensibilités politiques s’accordent sur cette nécessité. Au gouvernement, le sujet est porté au plus haut niveau, jusqu’au président. Et je pense qu’on peut y arriver.
Comment ?
La réalité est que nous sommes dépendants d’un certain nombre de technologies extra-européennes, dans le cloud notamment, et qu’il n’est pas possible de supprimer cette dépendance d’un revers de main. Mais nous avons une vraie filière française du numérique souverain. Nous avons des champions dans les technologies stratégiques que sont l’IA, le quantique, la cyber et le cloud. Ces acteurs, au premier rang desquels Mistral, doivent être soutenus. Politiquement bien sûr, mais aussi en créant les conditions de leur développement et donc en conservant les aides à l’innovation. Il faut aussi aider les entreprises à mesurer leurs dépendances, et les inciter à privilégier les solutions souveraines.