À Toulon, l’après-Falco se joue entre la droite et l’extrême droite

A Toulon, Laure Lavalette, encore non déclarée, apparaît déjà comme favorite.
LTD/AFP

A Toulon, Laure Lavalette, encore non déclarée, apparaît déjà comme favorite.
LTD/AFP
Coupe du monde de football : pourquoi la France est désormais hors-jeu pour l'organiser
Inflation à 2,4 % : pourquoi l’été 2026 sera pourtant impossible pour des millions de Français
Eolien en mer : pourquoi il est peu probable que la totalité des 10 gigawatts de projets soit réellement développée
Aéronautique, spatial, défense : souveraineté, la fin des illusions
Autoroute A69 : Le Conseil d'État examine le dossier, le rapporteur public défavorable aux opposants
La BCE serre la vis à Revolut et remet en cause son modèle d’innovation rapide
Qui pour succéder à Hubert Falco l’emblématique maire durant 22 ans de Toulon alors que la RN Laure Lavalette, encore non déclarée, apparaît déjà comme favorite, laissant planer le spectre d’un retour du parti de Jordan Bardella aux manettes, plus de 20 ans après Jean-Marie Le Chevallier ? Certes, Hubert Falco, condamné et inéligible jusqu’en 2028 n’est plus maire de Toulon depuis 2023, remplacé à ce poste par celle qui était sa première adjointe, Josée Massi. Mais l’empreinte de l’ancien ministre, sénateur et député plane encore grandement dans la cité.
C’est lui qui a repris la ville après le mandat de Jean-Marie Le Chevallier. En 1995, l’élection du représentant du Front National avait placé Toulon sous les feux des médias, faisant de la préfecture du Var la première grande ville à basculer à l’extrême droite.
C’est lui aussi qui a redessiné Toulon, menant de grands chantiers de requalification, tels celui de l’écoquartier Chalucet, placé en plein centre, ou encore celui de modernisation du port.
Resté jusqu’ici dans l’ombre, l’ancien Premier Magistrat a fini par apporter son soutien fin septembre à Michel Bonnus. Cet enfant du pays, ancien joueur et entraîneur de rugby, sénateur LR du Var depuis 2020, a annoncé sa candidature au sortir de l’été. Le ralliement d’Hubert Falco dit beaucoup et pèse dans la campagne. Une tribune a été ensuite été publiée fin octobre sur les réseaux sociaux par 31 élus municipaux dont l’actuel premier adjoint Robert Cavanna, toujours pour soutenir Michel Bonnus.
Car dans le camp de la droite, tout n’est pas si simple : l’actuelle maire de Toulon, Josée Massi, a laissé entendre, durant l’été, son intention de se présenter à sa propre succession, arguant d’un soutien plein et entier de sa majorité, qui l’aurait encouragée à conduire une liste en mars prochain. Sans qu’on ne sache aujourd’hui si elle sera vraiment candidate. Si c’était le cas, elle affaiblirait forcément la candidature du sénateur LR face au Rassemblement national.
La députée Laure Lavalette n’a pas encore déclaré sa candidature mais elle ne fait pas mystère de son intérêt pour la mairie. Si elle franchissait le pas, elle devrait composer avec le souvenir d’un FN ancien style. Jean-Marie Le Chevallier n’a pas laissé que des bons souvenirs dans la ville. Durant son mandat, de nombreuses polémiques avaient éclaté au sujet de sa gestion. En arrivant aux commandes de la mairie en 2001, Hubert Falco avait affirmé avoir trouvé les finances de la ville dans une situation « lamentable ».
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

À lire également
Hubert Falco et Michel Bonnus ne semblent pas fermés au dialogue avec Josée Massi. Mais un camp de la droite uni serait-il susceptible de peser vraiment face à une candidate du Rassemblement National qui bénéficie, outre de l’engouement local, de celui de son parti au niveau national ? Il reste quelques mois à Michel Bonnus pour inverser la tendance. En attendant, la décision de Laure Lavalette d’y aller… ou pas. Dans le Var, aux législatives de 2022 et 2024, le RN avait remporté sept des huit sièges. Seule la circonscription de Toulon avait résisté, élisant un macroniste.