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OPINION. « L’accession du RN au pouvoir serait un désastre pour la France», par Matthieu Pigasse

Par Matthieu Pigasse, banquier d’affaires et homme de médias

Publié le 26 octobre 2025 à 22:30

À Paris, le 29 novembre 2023.

À Paris, le 29 novembre 2023.

LTD/Albert Facelly pour La Tribune du Dimanche

La Tribune Dimanche

N145 ● 12 juillet 2026

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Matthieu Pigasse alerte sur le danger que représenterait, selon lui, l’accession de Marine Le Pen au pouvoir en 2027.

Voter pour Marine Le Pen, c’est voter contre la République et contre la France. Aujourd’hui, toute honte bue, une partie de la droite choisit de faire la courte échelle à l’extrême droite. Les digues cèdent, les discours se confondent. Ce qui devait être, selon Emmanuel Macron, une recomposition politique devient une décomposition morale. Ainsi LR est en train d’imploser et, à n’en pas douter, nombre de ses élus et militants sauteront le pas pour créer l’union des droites chère à Marion Maréchal et Marine Le Pen.

L’accession de Marine Le Pen au pouvoir à la présidentielle de 2027 ne serait pas un danger ? Faux ! Le RN n’est pas un parti comme les autres. C’est un parti national-populiste, d’extrême droite, dont l’accession au pouvoir serait un désastre pour la France.

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Qui sont les petits soldats de Jordan Bardella

Le Pen fille essaie depuis plusieurs années d’accréditer l’idée que Le Pen père, c’est lui, et qu’elle, c’est elle. Héritière du parti de son père, elle s’est employée à coups de postures à chasser l’image repoussoir du FN. Le RN serait ainsi un parti de populistes bon teint, « apaisés », prêt à gouverner. Un parti fréquentable parce que présent au Parlement.

Le vernis de la respectabilité

Mais derrière la façade, les fondations idéologiques n’ont pas bougé. Le comportement de plusieurs candidats RN aux dernières élections législatives a montré à quel point le maquillage était fragile : propos racistes, nostalgie autoritaire, symboles nauséabonds, à l’image d’une casquette nazie portée par l’une de ses candidates. Ses cadres sont restés les mêmes : plusieurs viennent du GUD, d’inspiration antisémite, comme Frédéric Chatillon et Axel Lousteau, proches d’Alain Soral et Dieudonné.

Le Pen père s’était imposé comme le candidat antisystème pendant près de trois quarts de siècle, incarnation de toutes les extrêmes droites, identitaires, nationalistes, nostalgiques de l’Algérie française. Lorsque sa fille l’a viré du parti, J.-M. Le Pen dénonçait le fait que sa fille était « manipulée par le système » et prétendait qu’« un FN gentil n’intéresse personne ».

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Le Rassemblement national n’est pas un parti réformateur, c’est un parti de revanche.

Qu’il soit rassuré, c’est du passé. Le RN aujourd’hui se montre tel qu’il a toujours été, un parti prêt à tout pour « faire péter le système ». Tous les fondamentaux de l’extrême droite sont là : l’obsession identitaire, la haine des contre-pouvoirs, la mise en cause des institutions républicaines. 

Marine Le Pen et ses partisans fustigent les juges, dénoncent un « système », s’en prennent aux médias, et cultivent une rhétorique insurrectionnelle violente. Cette défiance organisée menace l’État de droit, délégitimise la justice, flatte les passions mauvaises et nourrit la haine des élites, ferment de toutes les dérives autoritaires.

La République dans le viseur

Le RN reste un parti nourri de l’idée que la démocratie représentative serait une trahison de la volonté populaire, et que le référendum direct – manipulé à dessein – pourrait s’y substituer. C’est là encore la pente de l’autoritarisme et du césarisme, pas celle de la République. De fait, le RN est soutenu par Trump, Poutine et Orbán, dont il partage la fascination pour le pouvoir fort et le rejet du pluralisme.

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Bardella-Le Pen, les premiers vertiges d’un tandem

Le RN n’a jamais rompu avec ses racines idéologiques. Ses réseaux, ses figures historiques, ses méthodes, tout trahit la permanence d’un projet de rupture avec la République. Ce n’est pas un parti réformateur, c’est un parti de revanche.

Le danger n’est pas abstrait. Le récit servi aux Français leur fait croire à un monde meilleur, mais la victoire du RN en 2027 plongerait la France dans une fracture nationale profonde : racisme décomplexé, contrôle au faciès, impunité policière, mise au pas de la justice, asphyxie de l’audiovisuel public…

Quant à son programme économique, il mêle tout à la fois promesses irréalistes et propositions incohérentes, témoignant de l’incompétence de ses dirigeants. Son coût a été estimé à plus de 100 milliards d’euros par an pour les finances publiques, loin, très loin, des 100 milliards d’euros d’économies par an promis par Jordan Bardella.

Derrière le discours « social » de Marine Le Pen, la réalité est brutale : les plus modestes seraient les premiers perdants.

Marine Le Pen se veut proche des Français les plus modestes, mais derrière son discours « social », la réalité est brutale : les plus modestes seraient les premiers perdants. Il faut entendre la colère et la lassitude qui nourrissent la tentation RN : elles sont réelles et disent l’abandon, l’insécurité sous toutes ses formes, la peur du déclassement. Mais la solution ne viendra jamais de ceux qui opposent les Français entre eux.

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La République protège, elle n’exclut pas. L’Histoire jugera ceux qui, par calcul ou par lâcheté, auront facilité la victoire de l’extrême droite. L’honneur et le devoir commandent de résister et de combattre. Voter pour Marine Le Pen, c’est tourner le dos à la France que nous aimons, celle des droits, de la liberté, de la fraternité. 

Par Matthieu Pigasse, banquier d’affaires et homme de médias

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