À Strasbourg, Catherine Trautmann cherche la voie de l’après-Barseghian

Catherine Trautmann, candidate du Parti socialiste (PS) à la mairie de Strasbourg, le 3 mars 2020.
LTD/AFP/FREDERICK FLORIN

Catherine Trautmann, candidate du Parti socialiste (PS) à la mairie de Strasbourg, le 3 mars 2020.
LTD/AFP/FREDERICK FLORIN
À six mois des élections municipales, le microcosme politique strasbourgeois n’en fait plus un secret : Catherine Trautmann prépare son retour à la mairie. L’ancienne maire de Strasbourg (1989 et 1995), ex-ministre socialiste de la Culture (1997-2000) et ex-députée européenne pourrait annoncer sa candidature ce vendredi 10 octobre, à l’occasion d’une conférence de presse.
Depuis cinq ans, dans les rangs de l’opposition, Catherine Trautmann n’a cessé de mettre en garde la maire écologiste de Strasbourg sur des aménagements qu’elle jugeait inadaptés (le projet d’extension du tramway vers le nord de l’agglomération, interrompu), ou sur la méthode. « Les écologistes ont claqué l’argent. Les comptes sont dans le rouge. Ce n’est pas du tout la situation que j’ai connue quand j’ai été élue la première fois », rappelle celle qui, en 1994, avait réaménagé sa ville en traçant le parcours de la première ligne de tramway. Sa vision de l’urbanisme et des mobilités avait, depuis lors, fait école.
Depuis un mois, Catherine Trautmann est partie en précampagne : 17 réunions de quartier, à la sortie des écoles et dans les parcs. « Ce n’étaient pas des réunions publiques classiques, mais un dispositif souple », tempère Mathieu Cahn, codirecteur de campagne.
« Ce qui me désespère, c’est de voir cassées des choses auxquelles les Strasbourgeois tenaient, comme le conseil consultatif des résidents étrangers », nous confiait Catherine Trautmann en marge d’une de ses réunions de quartier, au pied des tours populaires de la Meinau. Elle s’est déclarée frappée par « la nostalgie » exprimée sur le terrain. « Les gens me disent que c’était mieux avant, c’est un peu la légende », a-t-elle remarqué.
Pas de meeting, pas de déclarations dans les médias, et une couverture très discrète de la séquence par la presse locale. Et pourtant : un sondage IFOP publié au milieu du mois de septembre établit déjà Catherine Trautmann en tête des intentions de vote avec 25 %. La maire sortante écologiste Jeanne Barseghian arrive en troisième position avec 17 %. Entre les socialistes et les verts, Jean-Philippe Vêtaient (LR), crédité à 24 % d’intentions de vote par l’IFOP, pourrait retourner la situation en cas d’alliance avec le centriste Pierre Jakubowicz.
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« Depuis cinq ans, Jeanne Barseghian n’aura été que la maire de ses partisans », attaque Jean-Philippe Vetter. Le conseiller municipal d’opposition a recruté l’ex-députée européenne Anne Sander dans son équipe de préfiguration, dans une campagne déjà active. Incisif, il déplore « une ville passée de la démocratie locale à la discorde ». Ses critiques pleuvent sur « la gestion du tramway, la folie des chantiers et de la bunkérisation de la ville, la flambée des tarifs de stationnement ».
« Ce mandat a été hors du commun dans son ampleur polémique. Cela a créé une forme d’impatience chez les Strasbourgeois », analyse Pierre Jakubowicz, autre conseiller d’opposition. Adoubé à la fin du mois de septembre par le parti Renaissance, le candidat centriste entend incarner une alternative de proximité, promettant « une dizaine de maires de quartier dotés de budgets dédiés ». Le sondage IFOP l’a crédité de 6 % d’intentions de vote.
À six mois des élections municipales, la question des alliances reste ouverte. « L’attractivité n’est pas un gros mot, c’est une solution. Il faut dérouler le tapis rouge à ceux qui font du développement économique », martèle Jean-Philippe Vetter, en référence aux polémiques locales sur les mauvais résultats des Verts en matière de développement des entreprises. Il assure vouloir éviter « une macédoine de mesures », tout en laissant la porte ouverte à certains rapprochements.
Une coalition entre socialistes, centristes et droite modérée est-elle envisageable ? « Avec le PS, les différences sont trop profondes », a déjà tranché le candidat LR. « Les convergences entre Jean-Philippe Vetter et Pierre Jakubowicz existent, mais il ne faut pas sauter les étapes », prévient Thibaud Philipps, maire (divers droite) d’Illkirch-Graffenstaden, en banlieue sud de Strasbourg.
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« Ils n’auront pas le choix, mais ils devront s’associer correctement », espère Thibaud Philipps, jamais avare de critiques sur la gestion municipale de sa voisine, maire de Strasbourg. « Le rejet du pouvoir en place ne peut pas être le fondement d’une démarche commune », coupe Pierre Jakubowicz.