OPINION. « Concours de taxes et ignorance économique : entrepreneurs, levez-vous ! », par Arnaud Dassier, délégué général de l’UDR

Arnaud Dassier, délégué général de l’UDR.
LTD/DR

Arnaud Dassier, délégué général de l’UDR.
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Le climat intellectuel et politique actuel en France est alarmant pour quiconque croit aux vertus de l’économie de marché, de la propriété privée, de l’innovation et de la liberté d’entreprendre. Tandis que certains universitaires, à l’image de Gabriel Zucman, organisent des concours de nouvelles taxes dans le pays le plus taxé du monde, avec le soutien actif d’une majorité de la classe politique, dont certains éminents représentants font preuve d’une effrayante ignorance économique. Nous payons là le prix d’un enseignement économique catastrophique abandonné à des professeurs marxistes et d’un patronat incapable de défendre ses convictions.
Les entreprises, et les Français qui y travaillent, sont devenues les vaches à lait d’un modèle collectiviste en faillite qui refuse de se réformer. Comment en est-on arrivé là ? Par notre silence, notre démission collective du champ des idées, du débat public et de l’arène politique. Depuis plusieurs décennies, les entrepreneurs français ont déserté la bataille culturelle et politique, laissant à d’autres le soin de façonner l’enseignement de l’économie, les représentations médiatiques du capitalisme, et les normes qui encadrent leur activité.
Ce vide a été comblé par des idéologues socialistes et des ingénieurs sociaux déconnectés des réalités de l’entreprise et de l’économie. Et nous en payons aujourd’hui le prix fort, les entreprises et tous les Français avec elles, appauvris par une économie tellement plombée de taxes et de normes qu’elle ne peut plus produire de croissance.
En France, l’enseignement économique reste très largement marqué par une lecture marxiste des rapports sociaux. L’entreprise y est vue comme un lieu de domination, le profit comme une rente injustifiée, la réussite comme un soupçon d’exploitation. Résultat : un jeune Français qui sort du lycée ou de l’université a souvent entendu plus de discours anticapitalistes que de raisonnements rigoureux sur l’offre, la demande, l’innovation, l’investissement, la compétitivité ou la croissance.
À cette réalité s’ajoute la passivité des représentants patronaux. Le Medef, censé être le fer de lance de la défense des entreprises, s’est enfermé dans une posture de compromis, de concertation, et d’acceptation résignée des hausses d’impôts et de normes, se contentant de limiter les dégâts et de profiter du champagne dans les avions et les réceptions fastueuses de la République. Le dialogue social n’est plus qu’un habillage pour lubrifier l’exploitation fiscale des entreprises, dans un système qui prend de plus en plus la forme d’un communisme doux, ou les entrepreneurs sont expropriés de leurs entreprises par des impôts spoliateurs et des normes de plus en plus nombreuses, intrusives et autoritaires. Le Medef doit devenir un syndicat d’intérêts qui organise des démonstrations de force, pas une chambre d’enregistrement de politiques décidées par des ignares économiques.
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Aux États-Unis, les entreprises investissent des milliards de dollars dans des fondations, des think tanks, des universités, du lobbying et des campagnes électorales ou médiatiques. Elles défendent leur vision de la société avec force. De la Heritage Foundation au Manhattan Institute, de l’AEI à la Hoover Institution, l’écosystème intellectuel libéral américain est dense, actif, décomplexé, et puissamment soutenu par des entrepreneurs qui assument leur rôle et leurs convictions capitalistes, voire libertariennes.
Au Royaume-Uni, le lobbying fait partie intégrante du débat public et de la vie démocratique. Le capitalisme n’est pas une option, c’est une base. En Allemagne, le patronat est omniprésent dans les cercles de pouvoir. Il pèse sur les décisions nationales, mais aussi sur la fabrique réglementaire de l’Union européenne à Bruxelles. Et il obtient des résultats. Parfois au détriment des entreprises françaises…
Pendant ce temps, en France, le monde économique s’autocensure. Il n’ose pas afficher ses convictions. Il craint de s’engager, de « faire de la politique ». Ostracise ceux qui, en son sein, entrepreneurs ou salariés, osent le faire. Il laisse le monopole de l’enseignement, de la culture et du discours public aux activistes anticapitalistes. Il concentre ses maigres efforts à Paris et déserte les corridors de Bruxelles, dont le rôle est pourtant majeur. Résultat ? Des normes toujours plus complexes, une fiscalité toujours plus lourde, et un recul constant de notre compétitivité, de notre croissance et de notre prospérité. Jusqu’à quand les entrepreneurs vont-ils tolérer d’être les dindons d’une farce socialiste qui les exploite tout en les agonisant, comme si la réussite était un vol (« les riches », « les privilégiés », « les plus favorisés », etc.) ?
Le capitalisme, s’il n’est pas défendu, sera détruit. Et les entrepreneurs, s’ils ne s’engagent pas, seront ruinés et chassés par des lois votées par ceux qui les jalousent.
Il est temps de rechausser les gants de boxe : Investir dans la production d’idées, dans les médias, les écoles, les universités, les think tanks, au service des idées libérales et capitalistes ; Soutenir des partis politiques qui défendent vraiment les libertés économiques ; Faire entendre une parole décomplexée qui n’hésite pas à remettre en cause le modèle technocratique et socialiste qui nous ruine.
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Avec beaucoup d’autres entrepreneurs qui ont rejoint l’UDR, j’ai fait ce choix : celui de ne plus rester spectateur, mais d’entrer dans l’arène politique, au risque de ma tranquillité et de ma réputation. Une nouvelle génération d’entrepreneurs comprend que face à l’effondrement de la France, il n’est plus possible de rester passifs et laisser des activistes décider seuls de notre destin. Que défendre nos libertés est devenu une nécessité vitale.
La survie de nos entreprises, de notre prospérité et de notre pays dépend de l’engagement des entrepreneurs. Levez-vous !