La chronique de Marc Fiorentino. Faites confiance aux entreprises
Marc Fiorentino

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
Marc Fiorentino

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
La semaine a été riche en événements. Pour l'économie, les marchés financiers et votre argent. Commençons par les conséquences de la dégradation de la note de la dette française par l'agence de notation Fitch. Les conséquences ? Quelles conséquences ?... Les taux d'emprunt ont à peine bougé et le CAC s'est même payé le luxe de rebondir. Normal. Cette dégradation était largement anticipée par les investisseurs professionnels qui nous avaient déjà déclassés depuis quelques mois. Cette dégradation n'est évidemment pas une bonne nouvelle, mais ce n'est pas une surprise.
L'événement qu'attendaient les marchés, c'était le verdict de la banque centrale américaine. Elle se réunissait mercredi. Sous la pression de Trump qui réclame des « jumbo cuts », des baisses massives de taux d'intérêt et menace régulièrement de virer le patron de la Fed, Jerome Powell, dont le mandat se termine en mai 2026. Les investisseurs et les traders retenaient leur souffle.
Et la Fed a donc baissé ses taux de 0,25 point de pourcentage. Cela annonce un nouveau cycle de baisse de taux aux États-Unis. Nous devrions avoir encore une à deux baisses d'ici à la fin de l'année avant les grandes baisses de taux sous la nouvelle direction de la Fed en 2026.
Inutile de vous expliquer l'importance qu'a l'évolution des taux d'intérêt américains sur les placements, sur toutes les classes d'actifs, des actions aux placements de taux en passant par l'or et le dollar. Malgré la globalisation de l'économie mondiale, nous vivons encore à l'heure de Wall Street.
Mais l'événement qui a retenu mon attention n'a pas fait la une des médias. Et pourtant, c'est un coup de tonnerre. Et un symbole fort : les plus grandes sociétés françaises comme L'Oréal ou LVMH empruntent à des taux moins élevés que l'État français. Du jamais-vu.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

En théorie, le taux d'emprunt le plus bas, celui qu'on définit comme « sans risque », est le taux d'emprunt de l'État. Les entreprises, elles, empruntent à un taux plus élevé, avec une prime qu'on appelle « spread ». Une prime plus ou moins élevée en fonction du risque de non-remboursement par l'emprunteur. Mais aujourd'hui, cette prime est négative pour nos très grandes entreprises.
Pourquoi est-ce important ? Cela signifie que, pour un investisseur, le risque sur l'État français est plus important que le risque sur ces entreprises. Le taux « sans risque » est devenu le taux d'emprunt de ces grands groupes. C'est une situation qu'on trouve souvent mais... dans les pays émergents, pas dans des pays développés.
Cette « anomalie » est un signe de défiance pour nos finances publiques. Ce n'est pas un scoop. Avec un déficit public hors de contrôle, une dette abyssale et une situation politique explosive, nous inspirons moins confiance.
À lire également
Mais c'est aussi un formidable plébiscite pour nos entreprises. Des entreprises qui surmontent tous les obstacles, toutes les crises, du Covid à l'Ukraine en passant par la crise politique. Des entreprises du CAC 40 qui ont compris très vite la nécessité de s'internationaliser et réalisent moins de 30 % de leur chiffre d'affaires en France. Des entreprises qui, elles, savent gérer leurs finances, leurs recettes, leurs dépenses, leurs dettes. À l'heure de la défiance pour les politiques et pour l'État, la cote de confiance des entreprises est au plus haut.
➡️ Retrouvez Marc Fiorentino chaque vendredi de 20 h à 21 h sur BFM Business.
Marc Fiorentino