Amélie Oudéa-Castera, présidente du Comité National Olympique et Sportif Français et Béatrice Bourgeois, présidente de l'Agence de lutte contre le dopage.
LTD / Antoine Massinon/A2M Sport Consulting/DPPI via AFP / AFLD
Ce dimanche 24 mai, une compétition réunissant uniquement des athlètes dopés débute à Las Vegas. La présidente de l’Agence française de lutte contre le dopage et la présidente du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) alertent sur les dérives d’un tel événement.
Ce dimanche 24 mai à Las Vegas, aux États-Unis, ont lieu les Enhanced Games, ces prétendus « Jeux améliorés », une compétition autour de trois sports (sprint, natation et haltérophilie) dans laquelle le dopage n’est pas seulement autorisé mais encouragé pour inciter les sportifs à battre des records, avec des primes mirobolantes à la clé.
Les promoteurs de cet événement sont des libertariens acquis aux thèses transhumanistes. Pour eux, les règles antidopage sont un carcan sans légitimité qui interdit aux sportifs de bénéficier de tout ce que la « science » est aujourd’hui capable de leur offrir. Sous prétexte de l’ouverture au progrès, ils banalisent le dopage et en font un moyen comme un autre de dépasser ses limites.
Ce discours est grave et dangereux. Et doit être dénoncé comme tel.
Heureusement, il n’a pas convaincu grand monde. En dépit du million de dollars promis pour un record du monde sur la piste du 100 m ou le 50 m nage libre, seule une petite cinquantaine d’athlètes d’une vingtaine de pays a finalement répondu présent. Pour beaucoup en fin de carrière ou déjà suspendus pour dopage… Et aucune télévision ne s’est positionnée pour retransmettre l’événement.
Mais l’existence même de ce rendez-vous doit nous indigner. Et renforcer notre vigilance quant à la protection de tous les athlètes, en particulier des plus jeunes, notamment dans le sport amateur, qui constituent la cible privilégiée des vendeurs de pseudo-produits miracles destinés à améliorer les performances sportives ou l’apparence physique.
Cet événement est aussi l’occasion de rappeler quelques vérités. D’abord, que le dopage est la négation même du sport, qui n’a jamais été seulement une affaire de performance mais la confrontation d’un être humain à ses propres limites. Ensuite, que la science doit servir l’athlète, non en faire un cobaye. Comment oser faire croire qu’une soi-disant « commission médicale » établira des « protocoles de dopage » (sic) n’affectant pas la santé des participants ?
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Cette compétition, c’est le business de la triche. Elle promet des athlètes augmentés, mais ne fait que les rabaisser en les appâtant avec de l’argent, autour du rêve d’un meilleur soi à moindre effort, au péril de leur santé.
L’Agence française de lutte contre le dopage et le Comité national olympique et sportif français, ainsi que toutes les fédérations qui le composent, sont plus que jamais mobilisés dans ce combat de l’antidopage qui ne passe pas seulement par la sanction, mais aussi par l’éducation et la détermination collective.
Face à la vaste campagne de désinformation qui a promu l’organisation de ces Jeux augmentés, redisons-le : le recours au dopage ne constituera jamais un progrès. C’est une régression absolue pour les sportifs et, plus généralement, pour tous ceux qui aiment le sport. Ce qui émeut chez un sportif, ce n’est pas le record mais la trajectoire, les heures d’entraînement, la peur de l’échec, la blessure surmontée, la résilience. Bref, la volonté d’aller au bout de soi-même dans ce qu’on a de plus vrai.