OPINION. « Comment retrouver notre pouvoir d’achat ? L’épreuve de la guerre », par Général Christophe Gomart, député européen LR

Général Christophe Gomart, député européen LR.
LTD/DR

Général Christophe Gomart, député européen LR.
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La guerre en Iran cause une hausse des prix de l’essence qui met à nouveau le porte-monnaie des Français à rude épreuve. Elle accélère la chute de notre pouvoir d’achat, témoin d’un modèle économique et social français à bout de souffle. Seule sa refonte permettra d’inverser la tendance et de redonner de la prospérité à tous.
Pour la troisième année consécutive, notre PIB par habitant est tombé sous la moyenne européenne. En d’autres termes, nous nous appauvrissons, au moins relativement. En 1975, notre pouvoir d’achat égalait celui des Allemands. Il est aujourd’hui inférieur de 11 %. Si ce décrochage se poursuit, un Français et un Polonais auront le même pouvoir d’achat à la fin dans moins de 4 ans. À titre de comparaison, les États-Unis ont vu leur PIB par habitant augmenter de 20 % sur la même période.
La baisse du pouvoir d’achat s’explique habituellement par une forte inflation. Or, celle-ci est aujourd’hui retombée à 0,3 %, niveau le plus bas depuis le deuxième confinement de 2020. Et pourtant notre pouvoir d’achat stagne voire recule depuis mai 2025.
Car le cœur du problème réside dans notre modèle, où les prélèvements obligatoires sont trop élevés et absorbent une part massive de la richesse produite. La France dépense annuellement près de 1.700 milliards d'euros en dépenses publiques – soit 34 fois la valeur de sa flotte militaire –, dont plus de la moitié pour les prestations sociales. Cela en fait le pays le plus taxé d'Europe, et donc du monde.
En conséquence, le coût du travail du travail est trop élevé et les salaires nets ne récompensent plus l’effort fourni. Pourtant, malgré ce niveau record de prélèvements, les services publics peinent à remplir leurs missions essentielles. Pire encore, l’État s’endette de 180 milliards en plus tous les ans pour maintenir ce système.
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Nous devons concentrer nos efforts sur ce qui favorise la croissance : le travail et la manière dont on place notre argent (le capital).
D’abord, le travail. Nous sommes le peuple d’Europe qui travaille le moins sur une vie. Nous ne compensons plus ce déficit par une intensité au travail supérieure : 7e en productivité horaire en 2000, nous sommes 14e aujourd’hui ! Nous devons donc augmenter notre quantité de travail comme sa qualité, notamment pour retenir plus longtemps les seniors en activité.
En France, seuls 60% des 55-64 ans travaillent, contre 75 % en moyenne en Europe. Pour y parvenir, allégeons la fiscalité sur le travail : mettons en place un seuil de « zéro cotisation » qui augmentera le revenu des employés et incitera au travail. Dans la continuité, supprimons les cotisations pour les seniors souhaitant continuer leur activité après avoir validé l’ensemble de leurs trimestres.
Ensuite, le capital. Il est urgent de l’investir dans nos entreprises plutôt que de financer l’enrichissement des économies étrangères. L’Europe exporte chaque année 300 milliards d’euros de capitaux, soit 5 fois le budget de la défense, vers les États-Unis, dont une large part de l’épargne française. Pour récupérer cette épargne, n’ayons pas peur d’introduire une part de capitalisation dans nos retraites : concrètement, c’est le meilleur moyen de fournir des fonds aux entreprises françaises et de stimuler la croissance. En Europe, 7 pays avec de la croissance l’ont déjà fait.
Mais surtout, il est essentiel de sortir d’une logique de dépenses courtermisme et d’orienter les ressources publiques vers des investissements productifs et stratégiques avec une vision long terme. Notre richesse sera ainsi utilisée pour créer davantage de valeur, et c’est cette valeur qui, à terme, augmentera le pouvoir d’achat.
Tournons notre regard vers l’avenir. À titre de comparaison, la Suède et les États-Unis consacrent près de 3,6% de leur PIB à la recherche et à l’innovation, contre moins de 2 % en France. Dans le même temps, notre pays alloue 15 % de son PIB aux retraites contre 7% en Suède. Il est grand temps de revoir et rééquilibrer.
Nous avons donc besoin d’une vision, d’une planification concrète. Des dirigeants courageux, prêts à rompre avec la démagogie pour mobiliser les énergies autour d’objectifs communs, au service des générations futures.
Je crois fermement au redressement de la France. Mais cela passera par des choix forts et assumés, construits avec les Français, pour préparer notre pays aux défis de demain.